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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 06:14
14/10/2009
Conseil de sécurité
CS/9767

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6201e séance – matin et après-midi


MOYEN-ORIENT: LA VOLONTÉ POLITIQUE DES PARTIES DE PARVENIR À UN ACCORD DE PAIX RESTE L’ÉLÉMENT ESSENTIEL POUR UN ACCORD FINAL


Divisées sur les conclusions du rapport Goldstone, les délégations souhaitent toutefois que les parties enquêtent sur les allégations de crimes graves commis dans leurs rangs


Les efforts politiques intenses entrepris à la fin du mois de septembre, notamment à New York, n’ont pas encore permis de relancer les négociations de paix au Moyen-Orient, dont le succès « dépendra en premier lieu de la volonté politique des parties d’aboutir », a constaté aujourd’hui le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. B. Lynn Pascoe, qui s’est en outre inquiété de la montée des tensions dans la région.


L’examen mensuel de la situation au Moyen-Orient par le Conseil de sécurité -qui a pris la forme d’un débat public au cours duquel sont intervenues, en présence du Ministre des affaires étrangères de l’Autorité nationale palestinienne, une quarantaine de délégations- a également été marqué par de nombreux commentaires sur le « rapport Goldstone ».  Tout en portant des appréciations variables sur ce document, les intervenants ont, dans leur grande majorité, souhaité que les parties concernées mènent des enquêtes sérieuses et indépendantes sur les allégations de crimes graves commis en violation du droit international humanitaire, comme le recommande le rapport.


La rencontre entre le Président des États-Unis, M. Barack Obama, le Président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, et le Premier Ministre d’Israël, M. Benjamin Netanyahu, et les réunions du Quatuor et de son Comité de liaison avaient laissé espérer, le mois dernier, une relance rapide du processus de paix, comme l’ont rappelé tant M. Pascoe que divers membres du Conseil de sécurité.  Et pourtant, comme l’a fait remarquer le représentant du Costa Rica, cet espoir « s’est malheureusement évanoui ».  Pour que les quelques gestes positifs ne se limitent pas à de « vagues lueurs alimentant des espoirs sans fondement », il a demandé « des changements définitifs d’attitude » qui permettent de placer les progrès « dans le cadre d’un processus politique constant ».


Le représentant de la France a énuméré trois étapes pour parvenir à créer un État palestinien indépendant et vivant en paix aux côtés d’Israël, condition d’une paix durable reconnue par tous: la mise en œuvre de la Feuille de route, l’application de la résolution 1860 et la réconciliation entre Palestiniens.


Cela suppose l’arrêt de la colonisation israélienne, qu’ont réclamé toutes les délégations.  Le représentant des États-Unis a ainsi rappelé que son pays « n’accepte pas la légitimité » des nouvelles colonies et des avant-postes créés par Israël.  En outre, il faut que le calme revienne sur place.  À cet égard, le représentant de la Turquie a demandé à toutes les parties de limiter les provocations et a souligné que le respect des lieux saints de Jérusalem, où des incidents ont eu lieu récemment, est une composante centrale de la stabilité au Moyen-Orient.


Par ailleurs, les Palestiniens doivent mettre en place les conditions d’un État de droit.  À l’instar d’autres délégations, le représentant du Royaume-Uni a jugé positive l’adoption par l’Autorité palestinienne d’un plan, présenté lui aussi en fin septembre, pour bâtir en deux ans de solides institutions pour le futur État palestinien.  Plusieurs représentants ont également mis l’accent sur l’importance d’une réconciliation entre Palestiniens et ont salué les efforts de l’Égypte en ce sens.


De nombreuses délégations ont, en revanche, déploré que, neuf mois après son adoption, la résolution 1860, destinée à mettre fin aux opérations israéliennes à Gaza, n’a été que partiellement appliquée.  D’un côté, les tirs venus de Gaza sur les villes israéliennes continuent; de l’autre, Israël poursuit son blocus de Gaza, très fermement dénoncé par l’Égypte, au nom du Mouvement des pays non alignés, et par la Syrie, au nom de l’Organisation de la Conférence islamique(OCI).  De nombreuses délégations ont exhorté Israël à ouvrir les points de passage vers Gaza pour permettre l’accès à l’aide humanitaire.


Appuyé par le Mouvement des pays non alignés, la Ligue des États arabes et l’OCI, le Ministre des affaires étrangères de l’Autorité nationale palestinienne a fortement insisté sur les conclusions du « rapport Goldstone », du nom du juge Richard Goldstone, qui dirigeait la mission d’établissement des faits sur le conflit de Gaza créée par le Président du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.  Ce rapport a été remis le 15 septembre dernier au Conseil des droits de l’homme à Genève.  Après avoir décidé de reporter son examen de six mois, le Conseil des droits de l’homme a décidé de se réunir en session extraordinaire les 15 et 16 octobre pour l’examiner.  Le Ministre a estimé que le rapport lance « un nouvel appel à la communauté internationale qui ne peut être ignoré », car la justice « ne saurait rester muette plus longtemps » devant les exactions commises par Israël dans le Territoire palestinien occupé.


Les recommandations* du rapport ont été amplement discutées.  La représentante d’Israël a affirmé que l’examen du rapport par le Conseil de sécurité serait « destructeur pour le processus de paix ».  À l’image de celui de l’Australie, plusieurs représentants ont estimé qu’il n’était pas opportun que le Conseil de sécurité se saisisse du rapport Goldstone avant son examen à Genève.  Le représentant des États-Unis a en outre estimé que son contenu n’était ni équilibré, ni exact.  Toutefois, de très nombreuses délégations ont fait part de leur préoccupation face aux allégations de « crimes graves » et ont demandé aux parties de créer, comme le suggère le rapport, des commissions d’enquête indépendantes pour examiner les faits allégués.


La plupart des représentants des pays arabes sont allés plus loin.  Au nom de l’OCI, le représentant de la Syrie a estimé que le rapport « rendait inévitable la requête présentée au Conseil de sécurité d’assumer ses responsabilités ».  D’autres représentants, comme celui du Liechtenstein, ont noté que le Conseil de sécurité ne pourrait échapper à ses responsabilités et qu’il devrait insister sur le respect du droit international humanitaire en toutes circonstances et sans exception.


* A/HRC/12/48 (ADVANCE2)



LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, Y COMPRIS LA QUESTION DE PALESTINE


Déclarations


M. B. LYNN PASCOE, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a déclaré que, depuis son dernier exposé du 17 septembre dernier, les efforts politiques se sont poursuivis sans qu’on puisse toutefois noter de progrès significatifs, alors que des événements préoccupants se sont déroulés sur le terrain.  Il a rappelé la rencontre du Président des États-Unis, M. Barack Obama, avec les dirigeants israéliens et palestiniens le 21 septembre à New York, dans le cadre de laquelle le Président américain a invité les deux parties à respecter leurs engagements et s’est personnellement impliqué dans la relance des négociations.  Il a également rappelé la réunion du Quatuor du 24 septembre qui, avec le Comité de liaison, a apporté son soutien au plan de l’Autorité palestinienne pour l’édification d’un État palestinien dans les prochains 24 mois.  Mais, même avec le plein appui de la communauté internationale, l’élément essentiel reste la volonté politique des parties de respecter leurs engagements et de négocier la fin du conflit, a rappelé le Secrétaire général adjoint.


M. Pascoe a ensuite fait état des affrontements survenus sur l’esplanade des mosquées, qui ont commencé le 27 septembre.  Les statuts de Jérusalem-Est et des sites religieux sont des questions extrêmement délicates qui ne peuvent être réglées que dans le cas des négociations finales, a déclaré M. Pascoe, qui a renouvelé l’appel au calme lancé par le Secrétaire général.  Il s’est par ailleurs dit préoccupé des ordres de démolition de bâtiments palestiniens à Jérusalem-Est et des autres mesures de construction de nouvelles implantations israéliennes. Ces nouvelles constructions sont illégales et sapent les efforts de paix, a déclaré M. Pascoe. 


Les tensions entre Palestiniens se sont aggravées après le report de l’examen du rapport Goldstone au Conseil des droits de l’homme début octobre, a constaté M. Pascoe, qui a expliqué que la décision prise à la demande du Président Abbas, de l’Autorité palestinienne, avait été très critiquée par différentes factions palestiniennes et avait provoqué des manifestations.  Il a rappelé qu’à la demande du Président de l’Autorité palestinienne, une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme est désormais prévue les 15 et 16 octobre pour examiner le rapport.


M. Pascoe a déclaré que le Secrétaire général est convaincu de la nécessité de faire respecter le droit international humanitaire en toutes circonstances et qu’il a appuyé depuis le début la mission d’établissement des faits présidée par le juge Goldstone.  Le Secrétaire général demande à toutes les parties de procéder sans retard à des enquêtes crédibles sur la conduite des opérations pendant le conflit, comme le demande le rapport Goldstone, a poursuivi M. Pascoe.


La politique de fermeture continue de Gaza est insoutenable et inacceptable, a affirmé le Secrétaire général adjoint, qui a rappelé que la résolution 1860 du Conseil de sécurité contenait les éléments d’une approche plus stratégique et de principe, avant de regretter qu’ils ne soient pas mis en œuvre.  Il a rappelé que les attaques entre Israël et Gaza tendent à reprendre et s’est dit inquiet des informations faisant état de contrebande d’armes vers Gaza.  En outre, a-t-il encore rappelé, le Secrétaire général a fait part au Premier Ministre israélien de sa déception lorsqu’il l’a rencontré le mois dernier, notamment concernant le fait qu’Israël n’avait pas donné son accord aux propositions de l’ONU pour la construction des écoles, d’hôpitaux et de logements à Gaza.  Le Premier Ministre a donné au Secrétaire général son engagement personnel que la situation serait réexaminée, a rappelé M. Pascoe.


Les efforts de paix israélo-palestiniens doivent se poursuivre dans le contexte plus global d’une paix israélo-arabe, a déclaré M. Pascoe.  Il a noté que la situation était restée calme durant le mois écoulé sur les hauteurs du Golan, de même que dans la zone du Sud-Liban où opère la Force des Nations Unies au Liban (FINUL).  Il a jugé essentiel qu’un gouvernement soit rapidement formé au Liban.  Il a ajouté que les circonstances de l’explosion survenue le 12 octobre au sud du fleuve Litani restaient obscures mais que, s’il s’agissait de l’explosion d’une roquette ou d’un obus, cela constituerait une claire violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.


Les événements nous rappellent que sans un horizon politique crédible, y compris la prise d’engagements, leur respect, leur contrôle et un appel à la mise en cause en cas de violation, les forces extrémistes de part et d’autre tendront à combler le vide, a averti M. Pascoe, qui a conclu en rappelant la volonté des Nations Unies de travailler à une paix juste et durable fondée sur toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.


M. RIAD AL-MALKI, Ministre des affaires étrangères de l’Autorité nationale palestinienne, a estimé que les parties au conflit étaient à un tournant critique, la justice ne pouvant plus rester muette devant les exactions commises par Israël dans le Territoire palestinien occupé.  Le rapport Goldstone constitue un nouvel appel à la communauté internationale qui ne peut être ignoré, a-t-il ajouté.  M. Malki a déclaré que la situation volatile actuelle dans Jérusalem-Est, « qui est le cœur du Territoire palestinien occupé, avec toutes les conséquences négatives sur la sécurité régionale », rappelait brutalement le caractère central de cette question qui « requiert une action urgente ». 


Le Ministre palestinien est ensuite revenu longuement sur l’« agression israélienne dans Gaza » qui, à la fin du mois de décembre 2008, a causé la mort de 1 400 citoyens palestiniens innocents, dont des centaines de femmes et d’enfants, et fait plus de 5 500 blessés, « Israël ayant usé de tous les moyens militaires pendant toute l’agression et montré un profond mépris de la vie humaine ».  Le Ministre palestinien des affaires étrangères a en outre souligné qu’aujourd’hui encore, Israël empêche la reconstruction de ce qu’elle a détruit, des milliers de maisons, des infrastructures vitales pour la population, les hôpitaux, les écoles, les mosquées, les usines, entreprises et fermes. 


M. Al-Malki a qualifié le blocus « illégal » israélien de Gaza de mesure immorale et de punition collective destinée à maintenir la population de Gaza dans la misère et les ruines, tout en alimentant en elle un sentiment d’injustice.  L’enquête menée par l’équipe de M. Goldstone à la demande du Conseil des droits de l’homme a confirmé qu’Israël, la puissance occupante, avait commis des violations des droits de l’homme et du droit international, en foulant notamment au pied la quatrième Convention de Genève relative aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité, a poursuivi le Ministre palestinien des affaires étrangères.  Il a ainsi souligné qu’Israël était accusé d’avoir notamment assassiné des civils, d’avoir pratiqué la torture et infligé des traitements inhumains, et d’avoir sciemment causé des souffrances et des blessures graves. 


Le rapport Goldstone conclu qu’Israël n’a fait preuve d’aucune précaution pour protéger les civils et, même pire, que la puissance occupante avait planifié cette campagne de destruction disproportionnée et systématique qui avait pour but de sanctionner, humilier et terroriser la population civile de Gaza, a renchéri le responsable palestinien.  Cette conclusion choquante est confirmée par les traumatismes et angoisses profondes observés parmi la population civile, a ajouté M. Al-Malki.


Il a ensuite souligné que l’Autorité palestinienne, « qui rejette toute agression et tout crime perpétré par la puissance occupante et réaffirme qu’il n’existe aucune symétrie et proportionnalité entre occupant et occupé », prenait également très au sérieux les allégations du rapport concernant d’éventuelles violations du droit international de la partie palestinienne.  Il a ainsi affirmé que l’Autorité palestinienne, respectueuse du droit international, tiendra les engagements qu’elle a pris et exprimés publiquement de conduire ses propres enquêtes sur ces éventuelles violations. 


Par ailleurs, le Ministre palestinien a annoncé que le Conseil des droits de l’homme tiendra, demain 15 octobre, une session extraordinaire, à la demande du Président Abbas, pour tenter de « rectifier les dysfonctionnements qui ont émaillé l’examen du rapport Goldstone à Genève, il y a deux semaines ».  « Nous espérons que le Conseil soutiendra le rapport Goldstone et le transmettra officiellement pour examen aux organes concernés des Nations Unies, conformément aux recommandations qui figurent dans ce document.  Nous sommes profondément convaincus que ces recommandations doivent être mises en œuvre, le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale devant, dans ce contexte, assumer leurs responsabilités en vertu des principes de paix et de justice énoncés par la Charte des Nations Unies ». 


La crédibilité et les fondations du droit international ainsi que celle de l’ONU, sont en jeu, a encore estimé M. Al-Malki, avant de déplorer que le monde est depuis trop longtemps le témoin des ravages causés par l’impunité dont continue de jouir Israël.  « Nous connaissons les conséquences de cet état de fait, c’est-à-dire la souffrance infligée depuis 60 ans à des générations d’innocents et l’absence d’état depuis plus de 42 ans d’occupation.  Nous devons briser ce cycle vicieux, et le tollé doit être dirigé contre les auteurs de crimes de guerre et non contre ceux qui recherchent la justice pour les victimes », a insisté M. Al-Malki.  Il a conclu en mettant en garde contre la poursuite des activités liées à l’implantation de colonies de peuplement par Israël à Jérusalem-Est, qui se sont intensifiées ces dernières semaines et qui pourraient, selon lui, réactiver le cycle des violences entre les parties et saper toute reprise des négociations de paix. 


Mme GABRIELA SHALEV (Israël) a insisté sur les aspects extrêmement complexes de la situation au Moyen-Orient.  Elle a rappelé les événements survenus depuis la dernière réunion d’information mensuelle sur le Moyen-Orient du Conseil de sécurité, le 17 septembre dernier.  Après avoir félicité le Président des États-Unis, M. Barack Obama, pour son prix Nobel de la paix, elle a affirmé qu’Israël recherchait une paix authentique, défendable et durable au Moyen-Orient, une paix qui permettrait à un État juif et à un État palestinien de vivre en paix côte à côte.  Elle a déclaré que le mois de septembre avait connu une « montée vertigineuse des attaques terroristes » contre Israël, notamment dans le sud du pays. 


Mme Shalev a ajouté que le Hezbollah continuait de recevoir des armes et que le Sud-Liban restait soumis à son terrorisme qui, a-t-elle dit, menace aussi la FINUL.  Elle a affirmé que derrière le renforcement du Hezbollah se trouve l’Iran et que l’appui de ce pays au Hezbollah « pousse la région vers le conflit ».  Le programme nucléaire iranien représente une crise internationale, a-t-elle prévenu, soulignant qu’il s’agit d’une « réelle menace pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales dans la région et dans le monde ».


Mme Shalev a rappelé qu’Israël, il y a cinq ans, a démantelé 21 colonies de peuplement à Gaza et évacué plusieurs milliers d’Israéliens qui y vivaient, ajoutant que le Secrétaire général des Nations Unies et le Conseil de sécurité avaient alors soutenu cette « courageuse décision ».  Mais l’espoir d’Israël s’est transformé en cauchemar du fait de la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, a assuré la représentante, qui a ensuite insisté sur la nature terroriste et antisémite du Hamas.  Or, a-t-elle regretté, « le monde ne réagit pas » face au terrorisme du Hamas.


La date de la réunion mensuelle du Conseil de sécurité sur le Moyen-Orient a été changée au motif d’une urgence, a fait remarquer Mme Shalev.  On pourrait penser que ce serait à cause des bombardements terroristes incessants sur Israël depuis Gaza ou le Liban, ou encore la menace constante du programme nucléaire iranien, a-t-elle poursuivi.  En fait, c’est un prétexte dû à une manœuvre de la Jamahiriya arabe libyenne, État Membre, « ce champion des droits de l’homme » qui, a-t-elle fait remarquer, a récemment « accueilli comme un héros un architerroriste » responsable d’un attentat terroriste ayant causé la mort de plusieurs centaines de personnes au-dessus de Lockerbie, en Écosse.


Tout en estimant que l’examen du rapport Goldstone devrait « se faire ailleurs », Mme Shalev l’a qualifié de document « biaisé et erroné ».  Il représente « un prix pour les organisations terroristes » et nie le droit d’Israël à défendre ses citoyens, a-t-elle affirmé.  En convoquant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité pour examiner ce rapport, on a voulu détourner l’attention de la situation réelle dans la région, a-t-elle accusé, avant de juger cet examen « destructeur pour le processus de paix ».  Un tel débat n’a pas de sens, a-t-elle souligné avant de conclure.


M. ABDURRAHMAN MOHAMED SHALGHAM (Jamahiriya arabe libyenne) a déclaré qu’il était nécessaire d’insister sur le rapport Goldstone, car la question palestinienne fait parfois l’objet de résumés biaisés.  Les pratiques d’Israël ne sont pas seulement illégales, elles sont surtout inhumaines, a-t-il affirmé, en pointant du doigt la construction d’un mur de séparation « raciste », les humiliations systématiques et les tentatives de judaïsation forcée que subissent quotidiennement les civils palestiniens.  Le représentant a souligné que l’occupation israélienne était à l’origine de toutes les violations du droit international qu’endurent les Palestiniens depuis des décennies, en dépit de nombreuses résolutions et des Conventions de Genève.  Israël a le champ libre, car il est convaincu de l’appui de ses alliés, ce qui le place au-dessus des lois, a fait remarquer le représentant, notant que le Conseil de sécurité est encore incapable de rejeter la politique de « deux poids deux mesures » et incapable de forcer Israël à respecter le droit international humanitaire, malgré des centaines de rapport, dont le dernier en date est le rapport Goldstone.


Le représentant a insisté sur le fait que le Rapport, s’il devait sombrer dans l’oubli, renforcerait à son tour l’impunité qui rend intouchable Israël et l’encourage à perpétrer ses crimes, « mais des crimes dont l’étendue est en train d’entraîner une prise de conscience dans la communauté internationale ».  Les violations du droit international doivent être traitées de manière ferme, a encore estimé le représentant, qui s’est ensuite attardé sur l’incontestable objectivité du rapport Goldstone.  Toutes les informations qu’il contient ont été vérifiées.  Dix mille pages, 30 vidéos et 1 200 photos, voilà ce que qu’Israël rejette en bloc, car toutes ces informations établissent que des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ont été commis par la puissance occupante.  Le représentant a ensuite noté que le blocus de Gaza, comme l’estime le rapport, relève d’une politique de châtiment collectif et viole la quatrième Convention de Genève.  Face à ces éléments accablants, le Conseil de sécurité ne s’exprime pas, a stigmatisé le représentant, qui a ajouté que ce silence équivalait à un soutien du Conseil aux pratiques illégales d’Israël. 


C’est une opération de plomb qui est tombé sur un peuple assiégé! s’est exclamé le représentant, qui a vu dans l’opération israélienne « une campagne sciemment planifiée, où les civils et bâtiments ont été considérés comme des cibles légitimes ».  En conclusion, il a exhorté le Conseil de sécurité à approuver le rapport Goldstone, un geste qui, selon lui, signifierait que le Conseil rejette les agissements du régime israélien, un régime raciste qui agit depuis des décennies en toute impunité.  Il est temps que l’on mette fin à la culture de l’impunité qui mène à toutes les crises dans la région, et il faut demander des comptes aux criminels en vue d’indemniser les victimes, a-t-il dit.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a constaté que les tensions persistent au Moyen-Orient et que le processus de paix fait peu de progrès, malgré les réunions qui ont eu lieu à la fin septembre.  Il s’est toutefois félicité de la réunion tripartite entre le Président des États-Unis, M. Barack Obama, le Premier Ministre, Benyamin Netanyahu et le Président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, regrettant cependant qu’elle n’ait pas abouti à ce jour à une reprise des négociations au Moyen-Orient.  La communauté internationale a le devoir d’appuyer ces initiatives et c’est pourquoi, le Mexique soutient les efforts du Président Obama et de son Envoyé spécial, M. Robert Mitchell, a ajouté le représentant.


Le représentant a dit partager le sens de l’urgence dont font preuve les membres du Quatuor.  Il a jugé indispensable qu’Israël mette fin à la « croissance naturelle » de ses colonies et à l’implantation d’autres colonies.  De même, a-t-il insisté, il faut éviter toute provocation sur les lieux de culte.  L’Autorité palestinienne devra pour sa part renforcer ses institutions, a déclaré le représentant, qui a salué les récentes déclarations en ce sens.  Il a demandé qu’Israël mette fin aux restrictions de circulation et démantèle l’ensemble de ses postes de contrôle.  Il a souhaité des progrès dans le dialogue entre Palestiniens et a regretté le nouveau report de la signature de l’accord de réconciliation entre factions palestiniennes.  L’unité du peuple palestinien est une condition fondamentale de la construction d’une paix durable au Moyen-Orient, a-t-il estimé.


M. Heller a insisté sur l’application pleine et entière de la résolution 1860, et a demandé la création d’un mécanisme international de contrôle de son respect, qu’il s’agisse du cessez-le-feu ou de la levée du blocus.  Rappelant que la paix au Moyen-Orient est liée à la stabilité régionale, il s’est dit préoccupé des deux incidents survenus récemment au Sud-Liban qui semblent constituer une violation de la résolution 1701 du Conseil.  « Notre débat au Conseil de sécurité coïncide avec l’examen du rapport Goldstone par le Conseil des droits de l’homme à Genève, a fait remarquer le représentant, qui s’est dit convaincu que le Conseil de sécurité devrait à ce stade éviter une politisation et une polarisation du rapport.  Pour cette raison, il a jugé inapproprié que le Conseil de sécurité se prononce sur le rapport avant toute décision du Conseil des droits de l’homme.  Le Mexique analyse le rapport avec sérieux, a-t-il affirmé, avant de rappeler qu’il n’y avait pas de « bonnes » ou de « mauvaises » violations du droit international humanitaire.  Toute violation présumée du droit international humanitaire doit faire l’objet d’une enquête et être éventuellement sanctionnée, a rappelé le représentant.


M. YUKIO TAKASU (Japon) a déclaré qu’il faudrait parvenir à une paix juste et durable au Moyen-Orient, même si la situation actuelle semble insurmontable.  Le dialogue et la négociation réelle sont les seuls moyens à envisager, a-t-il ajouté, en estimant que la communauté internationale devrait aussi souligner les progrès en cours, comme les initiatives des États-Unis pour parvenir à la solution à deux États, et en vue de maintenir un certain élan positif.  Le représentant a ensuite condamné les affrontements récents entre Israéliens et Palestiniens qui, a-t-il dit, ne doivent toutefois pas gêner les tentatives de reprise de dialogue sous l’égide de la Feuille de route.  Le représentant a exhorté Israël de cesser ses activités de peuplement et les provocations dans Jérusalem-Est.  Il a également appelé la partie palestinienne à parvenir à une réconciliation qui est « indispensable à une relance sérieuse des pourparlers. »  La situation dans Gaza depuis le conflit de décembre 2008 ne s’est guère améliorée, a ensuite noté M. Takasu.  Il a annoncé que le Japon continuerait d’appuyer toute initiative humanitaire à Gaza, « car l’amélioration de la situation à ce niveau dans la zone est une condition préalable à l’édification d’un état palestinien. »  Le représentant s’est dit convaincu que les recommandations du rapport Goldstone, conformément aux mandats prévus, devraient être examinées de manière approfondie par le Conseil des droits de l’homme à Genève, avant d’être, le cas échéant, examinées par d’autres organes de l’ONU.


M. CHRISTIAN GUILLERMET (Costa Rica) a estimé que le rapport Goldstone est un « rapport sérieux élaboré par une mission présidée par une personne dont l’intégrité est reconnue par la communauté internationale ».  Toutefois, il a jugé prématurée toute discussion sur le rapport par le Conseil de sécurité avant que le Conseil des droits de l’homme ne le fasse lui-même.  Il s’est en revanche réjoui que le Conseil des droits de l’homme ait décidé de se prononcer sur le rapport cette semaine.  Le rapport Goldstone nous contraint à lutter contre l’impunité, a affirmé le représentant, qui a exhorté « Israël notamment » à enquêter sur les différentes allégations et à prendre les mesures appropriées.  Le Conseil de sécurité a pour responsabilité première de protéger les civils dans les conflits armés et doit utiliser tout son potentiel pour ce faire, a ajouté M. Guillermet.  Le silence du Conseil de sécurité, qui « repose sur des raisons de nature particulière, ne doit pas être le refuge de l’impunité », a-t-il estimé.  Aucun État ni groupe armé ne doit être au-dessus de la justice, a-t-il rappelé.


L’espoir de voir une reprise rapide d’un processus de paix au Moyen-Orient à la suite des nombreuses et importantes réunions tenues fin septembre s’est malheureusement évanoui, a regretté le représentant.  Il a certes relevé divers gestes positifs mais a souhaité qu’il ne s’agisse pas seulement de « vagues lueurs alimentant des espoirs sans fondement ».  Il faut des changements définitifs d’attitude, et ces progrès doivent se faire dans le cadre d’un processus politique constant, a-t-il affirmé.  Le représentant a demandé que les États de la région fassent eux aussi preuve de leur engagement en faveur d’une paix durable en reconnaissant Israël et en établissant avec lui des relations de bon voisinage.  La partie palestinienne doit prendre sa part en luttant contre l’extrémisme, a-t-il ajouté.  En outre, la réconciliation entre Palestiniens est nécessaire pour faciliter le processus de paix, a estimé le représentant, qui a rendu hommage aux efforts de l’Égypte en ce sens.  M. Guillermet a par ailleurs condamné la poursuite des implantations de colonies de peuplement par Israël.  Il a suggéré que l’ONU reconnaisse et admette comme membre l’État palestinien à une certaine date si les parties ne parviennent pas elles-mêmes à un accord. 


M. PAUL ROBERT TIENDREBEOGO (Burkina Faso) a souligné que face aux violences commises en décembre 2008 et janvier 2009, la résolution 1860 du Conseil de sécurité offrait des bases acceptables pour une voie de sortie de crise, mais que malheureusement, cette résolution et les précédentes attendent toujours d’être mises en œuvre.  Notant que la réalité sur le terrain était une source de grande préoccupation, il a exhorté Israël et le Hamas à mettre un terme aux exactions commises.  Le représentant a aussi appelé les parties à privilégier la voie du dialogue et de la négociation, et à exclure l’option militaire.  De l’avis de sa délégation, la Feuille de route du Quatuor, l’Initiative arabe de paix de 2002, le processus d’Annapolis et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité offrent les meilleurs cadres possibles pour parvenir au processus de paix au Moyen-Orient, qui comprendrait l’existence d’un État palestinien.  Le Burkina Faso a en outre réitéré sa ferme condamnation des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire survenues lors des violences de décembre et janvier derniers à Gaza.  Souhaitant que la vérité soit établie et les coupables poursuivis, le délégué a dit attendre avec intérêt les conclusions des délibérations de la session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme, qui se tiendra demain 15 octobre  pour réexaminer le rapport de la Mission d’établissement de faits.


S’exprimant sur le Liban, le représentant a par ailleurs exprimé le souhait de voir la stabilité politique se renforcer et a appelé la classe politique du pays à s’accorder sur un gouvernement d’union nationale.  Il a réaffirmé la nécessité de respecter l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban, et a salué les progrès réalisés dans les relations syro-libanaises, émettant aussi le vœu que le rapprochement entre Israël et la Syrie soit couronné de succès.  Il a conclu son intervention en soulignant que le conflit israélo-palestinien était le nœud gordien de la situation au Moyen-Orient et a, par conséquent, exhorté les parties à faire preuve d’un plus grand engagement et d’une volonté politique plus ferme dans la résolution du conflit.  De leur côté, le Conseil de sécurité, la Ligue des États arabes, les pays de la région et la communauté internationale doivent aussi intensifier leurs efforts pour accompagner au mieux le processus de paix.


M. KONSTANTIN K. DOLGOV (Fédération de Russie) a déclaré que la situation au Moyen-Orient continuait de préoccuper au plus haut point la communauté internationale, « qui reste unie sur la question du gel des activités liées à l’implantation de colonies de peuplement et la nécessité de créer des conditions pour une reprise des pourparlers entre Israéliens et Palestiniens, seul moyen pour trouver une solution pour rétablir la paix durable dans la région. »  Le représentant a appelé les parties à faire preuve de retenue et à retourner à la table des négociations.  « Ce n’est qu’après la reprise du dialogue que nous serons en mesure d’annoncer la date de  la Conférence de Moscou sur la situation au Moyen-Orient », a indiqué le représentant.  En attendant, il faut éviter toute escalade des tensions à Jérusalem-Est, le statut futur de la ville sainte devant être discuté sur la seule base des principes du droit international sur la question.  Le représentant a ensuite demandé aux parties libanaises d’accepter la nécessité de former rapidement un gouvernement représentant « les aspirations de tous les Libanais. »  Concernant le rapport Goldstone, il a estimé qu’en attendant un examen détaillé et les conclusions afférentes, toutes les parties devraient respecter le droit international humanitaire et le droit relatif aux droits de l’homme, la Fédération de Russie condamnant les actes terroristes autant que les réactions disproportionnées à ces actes.  Les recommandations du rapport méritent un examen équilibré et détaillé au sein du Conseil des droits de l’homme, a-t-il estimé.


M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni) a déclaré que l’objectif de la communauté internationale n’était pas seulement de lancer une négociation de plus au Moyen-Orient, mais de lancer des négociations sérieuses qui aboutissent à un accord.  « Nous en connaissons tous les principes », a-t-il rappelé, tout en ajoutant que ce ne serait pas aisé car toutes les parties doivent honorer leurs engagements.  Israël doit geler l’implantation de ses colonies de peuplement, les États arabes doivent normaliser leurs relations avec Israël et les Palestiniens doivent renforcer leurs institutions, a-t-il rappelé, avant de qualifier d’élément positif en ce sens le plan en deux ans mis au point par l’Autorité palestinienne.


M. Sawers s’est dit très inquiet des incidents survenus autour de la mosquée Al-Aqsa et du Mont du Temple.  De même, les conditions de vie à Gaza, qui vont devenir encore plus rudes avec l’hiver, sont préoccupantes, a déclaré le représentant, qui a renouvelé son appel à Israël pour lever le blocus de Gaza.  Il a par ailleurs demandé la libération du soldat israélien Gilad Shalit.


« Nous devons examiner le rapport Goldstone », a déclaré M. Sawers, qui a cependant regretté que le document « n’ait pas suffisamment reconnu le droit d’Israël à se défendre ».  Certains éléments contenus dans le rapport doivent être pris en compte, a relevé M. Sawers, qui a cité, notamment, « certaines tactiques israéliennes utilisées » durant l’opération « plomb fondu », et il a regretté qu’Israël n’ait pas collaboré avec la mission d’établissement des faits.  Il a exhorté le Gouvernement israélien à engager des enquêtes complètes et indépendantes sur la base des allégations du rapport Goldstone.


M. Sawers a enfin exhorté les parties au conflit, les États de la région et toute la communauté internationale à maintenir le processus de paix, dont la réussite, a-t-il conclu, dépendra avant tout de volonté politique des parties d’aller de l’avant.


M. VICE SKRACIC (Croatie) a déclaré qu’il faudrait une reprise rapide des négociations israélo-palestiniennes, « car cela fait partie du processus de paix juste et durable au Moyen-Orient ».  Les parties doivent participer activement aux négociations en mettant en œuvre leurs obligations au titre de la Feuille de route, a-t-il ajouté, la communauté internationale devant dans ce contexte œuvrer à la création d’un climat favorable à ces discussions cruciales pour la paix.  Le représentant s’est ensuite dit préoccupé par les incidents survenus récemment à Jérusalem-Est, et a appelé à la fin des destructions et des expulsions, qui, a-t-il dit « sont un obstacle au règlement du différend ».  Il a également estimé que l’Autorité palestinienne devrait renforcer ses institutions, Israël devant s’assurer que cette action ne va pas à l’encontre de ses intérêts en matière de sécurité.  Le représentant a par ailleurs plaidé en faveur de la reconstruction de Gaza, une fois que l’« économie des tunnels sera éliminée ».  Concernant le rapport Goldstone, il a rappelé que tous les États doivent respecter le droit international humanitaire, les États devant eux-mêmes, en cas de violations, rendre des comptes en lançant des enquêtes au niveau national.  Pour ce qui est de la situation au Liban, il a déploré les violations répétées de la résolution 1701. « Nous condamnons ces incidents graves qui soulignent la nécessité de mener à bien le désarmement de tous les groupes paramilitaires au Liban et celle que soit formé sans délai un gouvernement libanais légitime et crédible », a-t-il dit avant de conclure. 


M. ALEJANDRO WOLFF (États-Unis) a affirmé que faire progresser la paix au Moyen-Orient figure au cœur des objectifs du Président Barack Obama.  L’objectif est clair, a-t-il assuré, rappelant que l’Envoyé spécial pour le Moyen-Orient, M. George Mitchell, vient de rentrer d’une nouvelle visite sur place.  M. Wolff a ensuite présenté « deux visions très contrastées ».


La première est celle de l’État, a déclaré le représentant des États-Unis.  Il a estimé que l’Autorité palestinienne, que préside M. Mahmoud Abbas, a fait des « progrès solides » pour la mise en place des institutions d’un futur État palestinien solide et a salué l’amélioration des conditions de vie des Palestiniens de Cisjordanie.  Il a estimé qu’Israël contribue à cette amélioration en desserrant son contrôle en Cisjordanie.  Il reste toutefois beaucoup à faire, a affirmé M. Wolff, qui a estimé qu’Israël devrait démanteler les nouvelles colonies de peuplement et les avant-postes.  Les États-Unis n’acceptent pas la légitimité de ces nouvelles installations, a-t-il affirmé, avant d’appeler toutes les parties, y compris les États arabes, à faire progresser la situation.


Il y a aussi la voie du conflit, a déclaré le représentant, qui a dénoncé le comportement du Hamas et la reprise de ses tirs.  Cette voie, qui est à l’origine de l’opération israélienne de l’hiver dernier, a rappelé M. Wolff, n’aboutira jamais.


M. Wolff a aussi fait état de la menace à la paix que représentent les groupes armés, citant en particulier le Hezbollah au Sud-Liban, qu’il a accusé d’agir en violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.  Le peuple libanais doit pouvoir obtenir un gouvernement qui contrôle l’ensemble de son territoire, a déclaré le représentant.


« Tout en réaffirmant le droit d’Israël à la légitime défense, nous ne pouvons accepter la situation actuelle à Gaza », a assuré M. Wolff, qui a souhaité la mise ne place d’un mécanisme de contrôle.  Le représentant a estimé que le Conseil de sécurité n’avait pas à trancher sur le rapport Goldstone, qu’il a jugé « déséquilibré ».  Toutefois, a-t-il ajouté, sa délégation le prend très au sérieux.  C’est pourquoi, il a encouragé Israël à mener des enquêtes sur les allégations de violations du droit international humanitaire qui concerne l’État car, a-t-il dit, « il en a les moyens » alors que le Hamas, « organisation terroriste, n’a ni la volonté ni les capacités à mener de telles enquêtes dans ses propres rangs.


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a réaffirmé l’appui de l’Ouganda aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur le Moyen-Orient, ainsi qu’à la déclaration du Quatuor faite en marge de l’Assemblée générale et la récente discussion tripartite entre le Président des États-Unis, M. Barack Obama, le Président de l’Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, et le Premier Ministre d’Israël, M. Benyamin Netanyahu, « également tenue en marge du débat de l’Assemblée générale ».  À l’instar d’autres délégations, le représentant de l’Ouganda a souligné qu’il faudrait relancer d’urgence le processus de négociations sur une solution en faveur de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte.  Des décisions concrètes sont nécessaires dès maintenant pour changer la donne sur le terrain, a-t-il ajouté.  Tout en se disant encouragé par l’annonce de l’Autorité palestinienne de développer des institutions étatiques, le représentant a noté que l’absence de dialogue entre Palestiniens, la stagnation de la situation humanitaire dans Gaza et la montée des tensions dans Jérusalem-Est continuaient d’être des obstacles sérieux sur la voie de la paix.  Israël doit lever le blocus de Gaza, geler ses activités liées à l’implantation de colonies de peuplement et mettre fin aux provocations dans toute la Cisjordanie, a poursuivi le représentant, qui a relevé que le report de l’examen du rapport Goldstone avait provoqué des heurts et une escalade des violences dans le Territoire palestinien occupé.  Concernant la situation au Liban, il a exhorté les parties à appliquer la résolution 1701 visant à stopper le conflit israélo-libanais de 2006, qui stipule qu’aucune force paramilitaire, incluant le Hezbollah, ne doit se trouver au sud du fleuve Litani.  


M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a exprimé le soutien de la Turquie aux efforts de réactivation du processus de paix au Moyen-Orient et souligné l’urgence de la situation.  Il a rappelé que depuis longtemps, il n’existe pas de processus politique en ce sens.  Réaffirmant l’importance des résolutions du Conseil de sécurité, des Principes de Madrid, de l’Initiative arabe de paix et de la Feuille de route pour mener des négociations sérieuses, il a insisté sur les défis majeurs au processus de paix.  Le représentant s’est ainsi inquiété de deux problèmes clefs: les réfugiés palestiniens et le retour au calme dans Jérusalem.  Israël, a-t-il dit, doit mettre fin à l’implantation de colonies de peuplement.  Appelant toutes les parties à être responsables et à limiter les provocations, le représentant de la Turquie a souligné que le respect des lieux saints est une composante centrale de la stabilité au Moyen-Orient.  M. Apakan a en outre insisté sur la situation à Gaza, qu’il a qualifiée d’inacceptable, énumérant la souffrance des Palestiniens depuis les violences qui ont éclaté en début d’année, les difficultés à acheminer de l’aide et du matériel en raison des restrictions imposées aux points de passage, et le fait que la résolution 1860 n’ait pas été mise en œuvre.  Sur ce point, le rapport Goldstone fait la lumière sur le conflit à Gaza, a-t-il insisté.


Le rapport Goldstone doit être examiné sérieusement, avec les décisions qui en découlent, a prôné le représentant de la Turquie, suggérant notamment de prendre acte des faits commis et d’opter pour des mesures appropriées.  « C’est notre espoir sincère que les conclusions de ce rapport puissent être une opportunité pour mettre un terme aux conditions de vie dramatiques des Palestiniens à Gaza », a-t-il déclaré.  La conduite d’enquêtes par les parties concernées sur les exactions commises à Gaza, comme le préconise le rapport Goldstone, permettrait de contribuer à bâtir un climat de confiance qui pourrait, selon lui, bénéficier au champ politique.  Il a enfin plaidé pour une unité palestinienne, essentielle pour une harmonie sociale en Palestine et pour le processus de paix au Moyen-Orient.  M. Apakan a conclu son intervention en faisant référence à la situation au Liban.  Il a plaidé pour la formation rapide d’un gouvernement mené par le Premier Ministre désigné Saad Hariri, rappelant que la Turquie continuait de jouer un rôle de facilitateur pour les problèmes régionaux.


M. GÉRARD ARAUD (France) a commencé son intervention par un soutien de la France au Premier Ministre du Liban, M. Saad Hariri, et a souhaité la formation rapide d’un gouvernement.  La France soutient la pleine mise en œuvre de la résolution 1701, a-t-il indiqué, et attend en outre les résultats de la Commission d’enquête conjointe des Forces armées libanaises et de la FINUL concernant l’explosion lundi au Sud-Liban.


S’exprimant sur le dossier israélo-palestinien, qu’il a appelé à régler de manière urgente au vu des tensions accrues récemment, il a énuméré trois étapes principales qui doivent permettre d’établir la création d’un État palestinien indépendant et vivant en paix aux côtés d’Israël, à commencer par la mise en œuvre de la Feuille de route.  Celle-ci prévoit notamment l’arrêt de toutes les activités de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, un retour au calme à Jérusalem, la levée par Israël des obstacles à la circulation autour de grandes villes palestiniennes et la mise en place d’un état de droit par l’Autorité palestinienne.


La deuxième étape essentielle est la consolidation du cessez-le-feu durable, par le biais de la pleine mise en œuvre de la résolution 1860, a-t-il poursuivi, insistant sur la réouverture des points de passage et sur la lutte contre la contrebande d’armes.  Le représentant a par ailleurs appelé fortement à la libération inconditionnelle et immédiate de Gilad Shalit.  Il a fait une mention particulière au rapport Goldstone, soulignant que les faits exposés sont graves.  Le droit international humanitaire doit être respecté en tout lieu, en toute circonstance et par toutes les parties, a-t-il insisté, plaidant pour que les camps israélien et palestinien engagent un processus d’enquête indépendante et conforme aux normes internationales sur les allégations d’exactions commises lors de la crise à Gaza.


La troisième étape jugée cruciale, a estimé le représentant de la France, est la réconciliation interpalestinienne, qui se heurte à de nombreux défis et pour laquelle les États de la région ont un rôle important à jouer, qu’il s’agisse de la médiation égyptienne, de l’Initiative de paix arabe, et des relations de bon voisinage avec Israël.  Il a enfin rappelé que la France est prête à prendre toute sa part dans l’effort de construction d’une paix juste et globale dans la région qui, outre la Feuille de route et l’Initiative de paix arabe, repose sur les principes de Madrid et sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  La France et le Maroc ont, à ce titre, proposé la tenue d’un sommet pour la paix dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UPM), qui accompagnerait la reprise des négociations de paix.

 

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Par Aschkel - Publié dans : CYNISME/DESINFORMATION - Communauté : L'Equipe J.A.G - TOP NEWS -
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