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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /Juin /2009 04:33

Face à Israël, la posture du nouveau venu

J-Ph Katz pour désinfos

lundi 15 juin 2009


Il est stupéfiant de constater qu’avec l’élection d’Obama, tous les fais établis, historiques et politiques relatifs à Israël, sont remis en cause. Pire, ils ont l’air de n’avoir jamais existé.

Première réalité partie en fumée : Israël état juif. Il semble tout à fait normal depuis quelques mois de contester ce qui est pourtant à l’origine même de sa création. On se demande d’ailleurs à quoi bon un pays de plus, lilliputien, dans cette région du monde, puisque s’il n’est pas juif, il sera forcément musulman, l’islam étant la religion ultra majoritaire du moyen orient.

Mieux, aucun critique ne veut se souvenir qu’un état juif peut avoir des citoyens non-juifs, près de 20% de la population israélienne. Mais la logique à l’œuvre est plus perverse, elle vise à dénoncer un état théologique, comme si un état juif était forcément un état tenu par les religieux, bref comme en Iran (personne dans les milieux antisionistes occidentaux ne contestent cependant le caractère chiite du régime Iranien, allez comprendre).

Ce qui était évident devient sujet à caution, alors que oui, Israël est l’état des juifs au sens de Herzl, et un état juif par ses racines religieuses, tout en étant un état laïc et démocratique dans ses structures.

Deuxième réalité effacée des tablettes : un futur état palestinien, dans l’esprit des Israéliens, a toujours été démilitarisé. Ce que l’on présente aujourd’hui comme une « condition » inacceptable par l’AP, est vieille comme la négociation elle-même. Une force de police a toujours été intégrée dans les textes des accords passés, une armée jamais.

Cet étonnement est un corollaire à la remise en cause de l’armement nucléaire israélien, venant tout à coup faire pendant à la politique iranienne actuelle. Le monde occidental est invité à faire pression sur Israël pour, in fine, baisser le niveau de danger iranien. C’est un raisonnement inversé complètement idiot mais terriblement présent ces derniers mois. La peur est mère de tous ces échafaudages intellectuels…

Troisième fait passé sous silence : l’échange de territoires pour maintenir les « colonies » les plus importantes de Cisjordanie. Rabin puis Barak avaient proposé à l’AP 1 km2 contre 1km2. On se demande pourquoi cette voie de négociation assez réaliste a disparu des éditoriaux actuels. On a même l’impression que les antisionistes espèrent des images d’évacuation des « colonies » par les Israéliens eux-mêmes. Et bien non, la Judée Samarie n’est pas Gaza ni le Sinaï. En dehors du fait que les infrastructures modernes abandonnées aux Palestiniens et aux Egyptiens ont été soigneusement démolies et saccagées au lieu d’être utilisées, le nombre d’habitants israéliens dans cette région interdit toute idée d’évacuation. La simple logistique à mettre en œuvre pour faire partir, reloger et indemniser des centaines de milliers de personnes devrait pourtant frapper les esprits. D’autres suggèrent une nationalité palestinienne pour ces citoyens, voire une double nationalité. Comment peut-on imaginer des israéliens sans défense, après tant d’années de haine, protégés efficacement par des policiers palestiniens ? Comment imaginer des citoyens palestiniens juifs avec des mouvements comme le Hamas ou le Djihad Islamique comme voisins ? Ces gens sont-ils sérieux ?

Quatrième banalité enterrée : on ne peut pas exiger 2 pays pour le prix d’un. Je veux parler des fameux réfugiés sortis de sa besace par Arafat en son temps. Non seulement l’AP demande un état souverain, mais en plus des centaines de milliers de ses citoyens devraient avoir le droit de vivre en Israël du jour au lendemain. Pire encore : ces réfugiés potentiels sont sensés rêver de vivre dans une entité dénoncée comme sioniste, fasciste, raciste… Bref le masochisme le plus effrayant.

Dernière petite réalité soigneusement mise sous le manteau : le Hamas règne à Gaza. Ce petit détail empêche pourtant toute négociation sérieuse en vue d’établir un état palestinien. Imaginons que Abou Mazen et le gouvernement israélien tombent d’accord, qu’en sera-t-il pour Gaza ?

Comment les antisionistes occidentaux peuvent-ils faire la fine bouche devant le discours « timide » de Nétanyahou et ne pas prendre en compte le recul abyssal du Hamas en regard des accords passés à Oslo puis avec la feuille de route ? Il n’y a aucune porte de sortie possible tant que le Hamas dirige Gaza, et passer le temps à chercher des poux dans la tête du gouvernement « de droite » israélien ne changera rien à l’affaire (un gouvernement de gauche mené par Barak serait-il si différent ? On peut sérieusement en douter).

Par Aschkel - Publié dans : PAYS D'ISRAEL, Proche-Orient, démocratie, sionisme - Communauté : Les amoureux d'Israel
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