La Banque mondiale a décidé de financer un programme pilote qui pourrait devenir l’un des plus ambitieux projets hydrauliques du monde : le projet de Canal entre la Mer Morte et la Mer Rouge. Ce projet dont on entend souvent parler, mais qui n’a pas encore été appliqué, prévoit la construction d’un pipeline de 200 km de long, connectant la Mer Rouge et la Mer Morte.
Ce projet est censé aider à remplir la Mer Morte, qui perd un mètre chaque année et risque de subir des dégâts écologiques irrémédiables. Il permettra également de fournir une nouvelle source d’eau douce à la région, avec l’installation d’une usine de dessalement traitant les eaux fournies à Israël, la Jordanie et l’AP.
L’accord concernant ce projet pilote, prévoyant la construction d’un pipeline reliant les deux mers, a été signé vendredi entre le ministre du Développement régional Silvan Shalom et le président de la Banque mondiale Robert Zoellick. Le pipeline, dont la construction doit être achevée en 2011, servira de test de faisabilité pour l’ensemble du projet.
Le canal ne servira pas seulement à remplir la Mer Morte. Il pourra également fournir de l’énergie. La Mer Morte est le point le plus bas du monde et son niveau est inférieur de 400 mètres à celui de la Mer Rouge. La différence d’altitude permettrait de générer une énergie hydraulique. L’eau dessalée pourra également servir à un usage agricole et industriel, réduisant le tarissement des sources d’eau douce de la région.
Le projet dans son intégralité prévoit l’acheminement chaque année de près de 1,8 milliards de mètres cubes d’eau depuis la Mer Rouge. Un milliard de mètres cubes seraient versés dans la Mer Morte et le reste serait traité dans l’usine de dessalement pour être ensuite partagé entre Israël, la Jordanie et l’AP. Le projet a d’abord été proposé par les Britanniques dans les années 1880.
D’après la Banque mondiale, le plan de dessalement lié au projet serait le plus important du monde, impliquant une facture de 7 milliards de dollars. Le projet pilote pour l’instant ne coûtera que 15 millions de dollars.
Le ministre Shalom cherche des fonds pour l’intégralité du projet tant auprès de la Banque mondiale que d’autres pays du monde. Shalom a annoncé que le financement initial du projet était “un important pas en avant pouvant permettre la réalisation de grands progrès.” Et d’ajouter : “Ce projet a été reporté pendant des années. Nous le considérons comme un pas essentiel vers une paix économique.”










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