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Mercredi 29 juillet 2009 3 29 /07 /Juil /2009 06:46

Actualité de Zeev Jabotinsky - P.Itshak LURCAT

"Qu'une main juive ne porte pas atteinte à notre droit !"

zabotinski_big.jpg

 

Lors de la récente cérémonie du 69e anniversaire de la disparition de Vladimir Zeev Jabotinsky, le président de l'Etat Shimon Pérès a cru opportun de qualifier d'erreur grossière le rêve d'un Etat juif sur les "deux rives du Jourdain", cher au dirigeant sioniste révisionniste. L'actualité récente montre pourtant, comme lui a rétorqué le président de la Knesset, Reuven Rivlin, que les idées de Jabotinsky n'ont rien perdu de leur pertinence. En réalité, ce sont les idées du partage et des concessions territoriales – que Shimon Pérès incarne plus que tout autre homme politique actuel – qui se sont avérées tragiquement erronées et illusoires, comme nous en avons fait la cruelle expérience depuis l'époque d'Oslo.

 

Jabotinsky.jpgDans un discours enregistré en 1937, adressé aux Juifs d'Eretz Israël, depuis son exil américain (les autorités mandataires britanniques lui avaient fermé les portes de la Palestine), Jabotinsky écrivait ces lignes prémonitoires, intitulées "Trois remarques sur le plan de partage 1", qui n'ont rien perdu de leur actualité, n'en déplaise à M. Shimon Pérès, et à tous ceux qui ironisent sur l'idéal d'Eretz Israël s'étendant sur les deux rives du Jourdain.

 

"Ne dîtes pas, qu'est-ce que cela peut faire si nous renonçons, par des paroles ou par des écrits, à Hébron, Sichem et à l'autre rive du Jourdain, puisque cette renonciation n'est que vaines paroles, et que tous le comprennent ainsi. Non ! Ne négligez pas la force de la renonciation. Car comment s'est produit il y a vingt ans ce miracle 2, par lequel les nations du monde ont reconnu notre droit sur Eretz Israël, alors qu'elles ne savaient même pas que nous avions un droit de propriété réel sur cette terre... Tout ce qu'elles savaient, c'est que pendant deux mille ans, nous n'avions jamais renoncé, et c'est cela qui a fait pencher la balance. [...]

 

Notre droit l'emporte sur les nécessités de l'instant. Qu'une main étrangère ne porte pas atteinte à notre droit, mais avant tout, qu'une main juive ne porte pas atteinte à notre droit, qui est éternel, indivisible, et qui ne peut faire l'objet de renonciation. Il n'y a pas de raccourci vers Sion, et Sion est nôtre, tout entière".

 

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Les "deux rives du Jourdain" - symbole de l'Etsel (Irgoun Tsvayi Leoumi)

L'histoire des soixante-neuf années écoulées depuis la disparition du "Roch Bétar" montre que les concessions territoriales – qu'elles aient résulté de traités de paix, d'accord bilatéraux ou de décisions unilatérales (comme dans le cas du Goush Katif) – n'ont jamais apporté à Israël ni la paix, ni la sécurité, mais seulement plus de sang et de larmes, et ont toujours été interprétées par nos ennemis, comme le signe indubitable de notre faiblesse. Le destin a voulu que Jabotinsky disparaisse prématurément, et aucun des dirigeants qui se sont succédés depuis – ni dans le camp de ses opposants, ni même dans celui de ses héritiers – n'a atteint son niveau de clairvoyance et de lucidité. Binyamin Nétanyahou serait bien inspiré de relire les écrits de Jabotinsky, et de méditer, avant de négocier avec nos ennemis ou de renoncer – à D.ieu ne plaise – à nos droits sur Eretz Israël.

Pierre Itshak Lurçat 

Notes

1. Il s'agit du plan de partage de la Commission Peel. 
2. Allusion à la Déclaration Balfour, par laquelle l'Angleterre reconnaissait les droits nationaux du peuple Juif en Eretz-Israël et déclarait "envisager favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif".

JABOTINSKY




JABOTINSKY Vladimir Zeev 
(1880 - 1940)
Né à Odessa en 1880. Contrairement à tant d'autres, il n'a pas grandi dans une atmosphère juive, traditionnelle mais néanmoins dans l'amour de la langue hébraïque. Odessa en effet, était alors avec Vilna et Varsovie, un des centres d'épanouissement de la littérature hébraïque moderne. Et pourtant ses études, il les fit déjà en russe. 
En 1898, il est à Rome et l'Italie nouvelle, née des guerres de Garibaldi, fut pour lui une révélation : il lit avec avidité Mazzini, Leopardi, Giusti, d'Annunzio. Rentré à Odessa, il se signale dans les revues littéraires russes par son talent élégant. Il signe de son pseudonyme "Altalena". 
En 1903, c'est la nouvelle vague de pogromes dont celui de Kishinev. Le jeune Vladimir n'hésite plus, il se lance dans l'action sioniste au grand regret de Maxime Gorki, le grand écrivain russe, qui admirait le talent du jeune homme. II rejoint la rédaction du bulletin sioniste de langue russe Razsviet, et ses articles d'alors sont une révélation en raison de l'éloquence vibrante et le sens polémique qui les animent. 
Au 6e Congrès Sioniste, avec Ussishkin et Borokhov, c'est le front des anti-ougandistes : l'Etat juif ne peut se réaliser qu'en Terre d'Israël et non pas dans un territoire d'Afrique. Son article sur ce sujet est devenu un classique. 
En 1914-1918, il entrevoit la défaite turque. Avec Yossef Trumpeldor et Pinhas Rutenberg, il essaie de créer la Légion Juive qui finit par être constituée et où il s'enrôle comme simple soldat, ce qui ne l'empêche pas d'être vite nommé lieutenant. II se distingue dans la conquête d'Es-Salt en Transjordanie (1917). Il entre néanmoins en conflit avec les autorités militaires britanniques qui veulent démobiliser la légion parce qu'ils la trouvent trop encombrante. 
En 1920, il est à la tête de l'auto-défense à Jérusalem, lors des troubles entre Arabes et Juifs. Les Anglais considèrent que son action outrepasse ce qui est admissible à leurs yeux et ils le condamnent à 15 ans de forteresse à Acco, ce qui soulève l'indignation de tous. Aussi est-il libéré le 8 Juillet de la même année. 
Il participe alors à la direction sioniste comme allié de Weizmann, mais en 1923, il s'écarte, indigné par le fait que les Britanniques ont cédé, en 1922, la Transjordanie à 1'émir Abdallah Ibn Hussein, le grand père du roi Hussein d'aujourd'hui. II s'insurge contre le fait que la direction sioniste s'est inclinée devant cette décision britannique. 
Il crée, en 1925, le Parti Révisionniste et entre en lutte ouverte contre le mouvement ouvrier. Depuis lors, c'est une opposition déclarée. Aimant l'apparat nationaliste du genre italien, Jabotinsky est traité de fasciste, et certains de ses adeptes se considèrent comme tels ouvertement, mais il ne faut pas oublier que c'était au temps où le régime fasciste de Mussolini n'avait pas encore opté pour l'antisémitisme. 
L'assassinat toujours resté mystérieux du dirigeant sioniste socialiste Haïm Arlozoroff en 1933, que beaucoup considèrent comme un attentat politique révisionniste, crée une atmosphère insoutenable au sein du Mouvement sioniste. 
En 1936-1939, ce sont les troubles qui ensanglantent la Palestine britannique. La Hagana résiste et protège, mais Jabotinsky exige "une opposition active et agressive contre les groupes armés arabes". II crée alors l'Irgoun Tzevai Leoumi ("Organisation Militaire Nationale") qui se détache entièrement de la Hagana. 
La guerre de 1939-1945 le prend au dépourvu. Il ne peut plus aller voir les masses juives de Pologne occupée aussitôt par les nazis. Il voudrait créer une armée juive, mais il meurt subitement à New York en 1940. En 1964, sa dépouille mortelle est amenée d'Amérique à Jérusalem et il est inhumé au Mont Herzl. 
Contrairement à ce qu'on en a dit, Jabotinsky n'avait envers les Arabes ni haine, ni mépris. Il comprenait avec la plus grande lucidité qu'un sentiment national puisse les animer, mais pensait qu'il fallait les amener à accepter notre présence dans la région comme un fait inéluctable et c'est pourquoi il exigeait le recours à la force. 
Le parti Hérouth (au sein du Likoud) et ses chefs considèrent Jabotinsky comme leur maître spirituel. 
Son oeuvre littéraire : Elle s'étend aux langues hébraïque, russe, yiddish, anglaise, française, italienne; articles polémiques, discours et proclamations, poèmes et traductions en hébreu d'Edgar Poe, Verlaine, Dante, traduction de Bialik en russe, romans (Samson, Eux cinq), drames (Vivre à l'étranger, Religion, etc.), autobiographie. De plus, Jabotinsky s'est employé à trouver un système de transcription de l'hébreu en caractères latins. 
L'image de Jabotinsky qui reste, c'est celle du chef incontesté du sionisme nationaliste intransigeant. On peut accepter sa voie, on peut l'épouser avec enthousiasme, on peut la contester, ce qui reste c'est le titan, artiste jusqu'au bout des ongles, qui a su vivre sa conception du monde sans compromission l'homme d'état sans État et sans mandat pour le créer, le héros malheureux grandiose qui nous a éclairé sur bien des réalitéous concernent auquel même ses adversaires rendent un hommage ému. jafi



Par Aschkel - Publié dans : JUDAISME et SPIRITUALITE JUIVE - Communauté : L'Equipe J.A.G - TOP NEWS -
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