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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /Juil /2009 07:33
Un discours prononcé dans les parages de la
conférence d’Annapolis est passé totalement inaperçu
en Occident. Il était, à vrai dire, rationnellement
inexplicable. En même temps qu’il professait une
volonté de « paix », le négociateur palestinien,
Saeb Erekat déclarait1 que jamais l’Etat de Palestine
ne reconnaitrait Israël comme un Etat juif, ce que
le «modéré » Mahmoud Abbas réïtéra après la conférence à l’occasion d’un discours
dans un pays arabe. Qu’est-ce que les Palestiniens s’apprêtaient alors à « reconnaître »
à Annapolis ? N’est-ce pas justement la souveraineté politique d’un peuple juif, autrement
dit l’existence d’un Etat qui ne serait ni arabe, ni islamique qu’il faudrait
reconnaître, ce que conteste l’immense majorité du monde arabo-musulman ?
Beaucoup ont souligné l’incohérence de la justification accompagnant le propos :
« aucun Etat dans le monde ne lie son identité nationale à une identité religieuse
», quand elle est énoncée dans un milieu où 55 pays se déclarent « islamiques
» pour adhérer à l’Organisation de la Conférence Islamique et 22 Etats
se déclarent « arabes » pour adhérer à une Ligue « arabe ». Peu de gens savent
aussi que le projet de constitution du futur Etat de Palestine déclare2 : (Art 1) :
« Cette constitution se fonde sur la volonté du peuple arabe palestinien »,
(Art.2) : « Le peuple palestinien est une partie des nations arabes et islamiques ».
(Art. 10) : « la souveraineté appartient au peuple arabe palestinien » (Art. 13) :

Shmuel Trigano


http://www.controverses.fr/index.htm


Source : http://www.controverses.fr/pdf/n7/trigano7.pdf


Un discours prononcé dans les parages de la conférence d’Annapolis

est passé totalement inaperçu en Occident.

 

Il était, à vrai dire, rationnellement inexplicable.

En même temps qu’il professait une volonté de « paix »,le négociateur palestinien, Saeb Erekat déclarait que jamais

l’Etat de Palestine ne reconnaitrait Israël comme un Etat juif,

ce que le «modéré » Mahmoud Abbas réïtéra après la conférence

à l’occasion d’un discours dans un pays arabe.

Qu’est-ce que les Palestiniens s’apprêtaient alors à « reconnaître »

à Annapolis ?

N’est-ce pas justement la souveraineté politique d’un peuple juif, autrement dit l’existence d’un Etat qui ne serait ni arabe, ni islamique qu’il faudrait reconnaître, ce que conteste l’immense majorité du monde arabo-musulman ?

 

Beaucoup ont souligné l’incohérence de la justification accompagnant le propos :

 

« aucun Etat dans le monde ne lie son identité nationale à une identité religieuse

 

», quand elle est énoncée dans un milieu où 55 pays se déclarent « islamiques

 

» pour adhérer à l’Organisation de la Conférence Islamique et 22 Etats se déclarent « arabes » pour adhérer à une Ligue « arabe ».

Peu de gens savent aussi que le projet de constitution du futur Etat de Palestine déclare :

(Art 1) :

« Cette constitution se fonde sur la volonté du peuple arabe palestinien »,

(Art.2) :

« Le peuple palestinien est une partie des nations arabes et islamiques ».

(Art. 10) :

« la souveraineté appartient au peuple arabe palestinien »

(Art. 13) :

« le caractère légal du peuple arabe palestinien sera incarné par l’Etat ».

(Art.6) :

« L’islam sera la religion officielle de l’Etat ».

 

Saeb Erekat ne mentait pas ni ne se se livrait à une propagande facile.

Ses propos, pour nous contradictoires, ont une résonnance très

censée dans la sphère culturelle dans laquelle ils sont énoncés,

dont la perspective est en général ignorée par le monde occidental

 

L’article 6 de la constitution de Palestine nous donne un indice à ce propos :

 « L’islam sera la religion officielle de l’Etat. Les religions monothéïstes seront respectées ».

Qui sont ces «monothéïstes » sinon une traduction politiquement correcte du concept islamique de dhimmi ?

Il désigne les non musulmans – ici les chrétiens puisque de Juifs

il ne devra plus y en avoir dans l’Etat de Palestine

(ce qui semble tout à fait« normal » à l’Europe éclairée).

 

Cet indice nous aide à comprendre par déduction la vision des Juifs

qui nourrit tous ces discours : n’étant ni « arabes » (clef de la

nationalité palestinienne), ni « musulmans » (clef de la loi nationale palestinienne), ils sont hors souveraineté nationale (art.10),

quoique « respectés ».

Le statut des dhimmis n’est pas individuel mais celui de « nations » politiquement soumises au pouvoir islamique.

La charte du Hamas l’énonce sans artifices terminologiques :

 « le Mouvement de la Résistance Islamique… est guidé

par la tolérance islamique quand il traite avec les fidèles d’autres religions. Il ne s’oppose à eux que lorsqu’ils sont hostiles

Sous la bannière de l’islam, les fidèles des trois religions, l’islam, le christianisme et le judaïsme, peuvent coexister pacifiquement.

 

Mais cette paix n’est possible que sous la bannière de l’islam »3.

L’article 7 de la constitution palestinienne, réputée laïque, ne dit pas

autre chose : « les principes de la Shari’a islamique sont la source première de la législation

Le pouvoir législatif déterminera la loi du statut personnel

sous l’autorité des religions monothéïstes conformément à leurs confessions, dans le respect des dispositions de la constitution

et de la préservation de l’unité, de la stabilité et du progrès du

peuple palestinien ».

C’est dans cette perspective que Saeb Erekat ne peut reconnaître un Etat juif, ce qui équivaudrait à l’autodétermination impossible

et sacrilège d’une collectivité assignée (par l’islam) au statut

de dhimmi.

Sa charte d’existence dépend depuis toujours de sa soumission

au joug de l’islam et donc de sa renonciation à sa condition de sujet

libre et souverain. Il faut connaitre la situation historique originelle qui a vu la constitution du statut de dhimmi.

Lors de l’invasion islamique, les populations résidentes dans les territoires concernés, en majorité chrétienness et juives, se

sont vues proposer un marché pour ne pas être exterminées : se soumettre, être dépouillées de leurs propriétés terriennes et en

devenir les métayères au profit du nouveau pouvoir et payer un impôt.

Le statut de dhimmi s’accompagnait d’une condition marquée par

l’abaissement et la ségrégation sociale.


C’est bien ce que disait déjà, dès les années 1960, la charte nationale palestinienne, en décrétant que les Juifs n’ont pas le droit d’être une nation souveraine parce qu’ils ne sont pas un peuple

 

(Art. 20) : « La Déclaration Balfour, le Mandat pour la Palestine,

et tout ce qui a été fondé sur eux, sont déclarés nuls et non avenus.

 

Les prétentions à des liens historiques et religieux des Juifs avec la

Palestine sont incompatibles avec les faits historiques et la véritable conception de ce qui constitue une nation.

Le judaïsme, étant une religion, ne constitue pas une nationalité

indépendante.

De même que les Juifs ne constituent pas une nation unique avec son identité propre ; ils sont citoyens des Etats auxquels ils appartiennent ».

 

On voit la filliation avec Saeb Erekat…

 

Ainsi les slogans tout faits qui structurent la représentation du conflit s’éclairent quand ils sont replacés dans leur contexte.

Le slogan « Les territoires contre la paix », par exemple, décrit

exactement le marché qui fut proposé aux populations conquises

par l’islam : remettez vos territoires pour avoir la paix.

Les propriétaires de la terre envahie n’ont pu survivre (la « paix ») qu’en transmettant aux envahisseurs la propriété de la terre sur laquelle

ils payèrent désormais un impôt (spécifique aux dhimmis), le kharadj.

Le Hamas le déclare crûment dans sa charte.

 (Art. 11). : « Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que

la Palestine est un Waqf islamique consacré aux générations

de musulmans jusqu’au Jugement Dernier.

Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres »…

On comprend dans ces conditions que la guerre palestinienne

soit une résistance sacrée contre ceux qui se sont approprié

indûment la terre islamique, y compris l’Israël d’avant 1967,

et que toute réaction de leur part soit perçue comme une violence (la « Nakba ») :

le dhimmi ne doit pas répondre aux coups qui lui sont portés. Ceci nous explique pourquoi à Gaza, on juge que les représailles d’Israël

constituent de criminelles agressions… De même pour le retour des réfugiés :

il ne peut y avoir eu d’échange de populations et le monde arabe ne peut se sentir coupable de l’exclusion et expulsion de 900 000 Juifs des pays arabes,

car les dhimmis ne peuvent être des « réfugiés » puisqu’ils n’ont pas

de terre et ne sont nulle part chez eux.

Comment pourraient-ils avoir été spoliés puisqu’ils ne sont

pas habilités à posséder ?

Saeb Erekat est très cohérent : l’Etat qu’il dit reconnaitre

ne peut pas être un Etat juif car les Juifs sont une religion, entendez une population d’essence dhimmie…

 

Une dissonance cognitive à l’échelle mondiale !

Ce double tableau (ce que le monde arabe pense et ce que le monde occidental croit comprendre) est à la source du vice

structurel du cadre de compréhension courant de la nature du conflit.

Nous sommes ici face à un phénomène qu’en termes savants
on appelle « la dissonance cognitive ». Les acteurs comme les spectateurs vivent dans deux mondes culturels différents et chacun

comprend ce que dit l’autre en fonction de ses propres références qui ne sont pas celles de l’autre, ce qui n’enlève rien à leur réalité

objective.

La situation se complique quand on sait que les Palestiniens sont passés maîtres dans l’exploitation de ce phénomène télescopage des univers culturels.

Ils ont su adroitement en jouer en construisant leur image dans des

termes que comprenait l’Occident, en manipulant ses faiblesses et ses angoisses.

Ils ont ainsi construit leur refus de l’existence d’Israël en lutte nationale de libération contre l’occupation.

En Occident, on refuse d’entendre ce qui vient de la Palestine et du monde arabe,à savoir que l’occupation dans leur discours concerne Tel aviv et Haifa, Beershéva et Eilat.

Figure de proue d’un monde
arabo-islamique immense, la Palestine est campée comme l’élément le plus faible du confllit.

Il s’est ainsi produit dans l’opinion publique mondiale une étonnante conjonction de ce discours palestinien, profondément antidémocratique et ethnocentrique, avec le discours « progressiste » du multiculturalisme occidental.

Il semble tout à fait légitime aux militants des droits de l’homme de défendre le principe d’une Palestine sans Juifs tout en stigmatisant Israël pour ne pas se faire hara kiri pour faire plus de place en son sein aux Palestiniens citoyens d’Israël.

Le décalage entre la déclaration de Saeb Erekat et l’affichage d’une volonté de paix, entre les faits et les représentations, n’a en fait de sens que pour notre plan de référence à nous, hommes de la modernité démocratique. Une fois replacé dans le contexte culturel du monde arabo-musulman, il retrouve une cohérence. Un

tout autre paysage apparaît alors, loin des ratiocinations qui ont cours.

Cette recontextualisation fait en effet voler en éclats l’interprétation qui veut voir dans le conflit la confrontation de deux nationalismes et dans le pire des cas un conflit colonial dont l’enjeu serait l’accession à l’indépendance nationale des Palestiniens.

 


Suite : REFUS DES PALESTINIENS D UN ETAT PALESTINEN

Par Aschkel - Publié dans : CONFLIT ISRAELO-ARABE, ligue arabe, - Communauté : L'Equipe J.A.G - TOP NEWS -
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