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Le "Facteur Goldstone”
http://www.tnr.com/article/politics/the-goldstone-factor
Les conséquences insoupçonnées des dernières accusations de l’ONU contre Israël
Titre original : The Goldstone Factor
Les réactions israéliennes au rapport Goldstone sur la guerre de Gaza en janvier 2009 se sont concentrées, de façon compréhensible,
sur ses omissions et distorsions outrageantes et ses jugements unilatéraux, autant que sur la corruption morale du commanditaire de ce rapport, la Commission onusienne des Droits de l’Homme.
Mais les implications stratégiques de long terme du rapport Goldstone requièrent des considérations qui ne sont pas moins urgentes.
Si une large partie de la Communauté internationale endosse les conclusions du rapport et opte pour la mise en procès d'Israël –symboliquement ou littéralement-, le message envoyé clairement à Israël sera qu’il doit refonder son droit à l’auto-défense contre le Hezbollah et le Hamas, puisque l’un comme l’autre se dissimulent au milieu des populations civiles. Cela exigera de repenser de fond en comble l’actuelle stratégie politique d’Israël consistant à contenir les enclaves terroristes sur ses frontières nord et sud.
Durant les décennies qui ont suivi la Guerre des Six Jours, la politique israélienne, mise en oeuvre par les gouvernements travaillistes et du Likoud successifs, consistait à dénier aux terroristes la possibilité de bâtir des bastions le long de toute la frontière israélienne. C’était, en grande partie, l’argumentaire à l'oeuvre derrière la politique de Moshé Dayan consistant à construire des ponts entre Israël et la Jordanie dans les années 70, aussi bien que dans la conduite, par Ariel Sharon, du développement des implantations dans la Bande Occidentale (Cisjordanie/Judée-Samarie) et lors de l’invasion du Liban en 1982. Quand cette guerre tourna à l’aigre, il en alla de même du postulat de la politique qui l’avait inspirée.
Les deux retraits unilatéraux d’Israël – du Liban en 2000 et de Gaza en 2005 – ont, tous deux, eu pour conséquence la création
d’enclaves terroristes sur ses frontières, déniant toute stratégie de long terme. La politique de prévention était remplacée par la politique de contention.
Cette politique de contention s’est exprimée dans l’opération de 2006 contre le Hezbollah au Liban, et par l’opération de cette année contre le Hamas à Gaza. Dans chacune de ces mini-guerres, Israël n’a pas opté pour l’éradication des enclaves terroristes, en espérant que la flexibilité partielle de la puissance israélienne dissuaderait (l’ennemi) de toute agression supplémentaire.
Le rapport Goldstone pourrait bien signifier la fin des guerres limitées d’Israël contre les groupes terroristes. Israël ne peut se
permettre d’être entraîné dans des mini-guerres contre des terroristes se cachant derrière leurs propres civils pour attaquer d’autres civils israéliens, étant donné que chaque conflit de ce
type rapproche inexorablement l’Etat Juif une étape plus près du statut de Paria. Des victoires limitées sur le champ de bataille sont détournées en défaites majeures dans l’arène des opinions
publiques mondiales.
Cette situation intenable pourrait bien ne laisser à Israël aucun autre choix que de revenir à la politique de l’après-67,
consistant à empêcher toute présence d’enclaves terroristes à ses frontières. Les Israéliens argueront qu’il est préférable d’opérer de façon décisive contre la menace terroriste et de se
débrouiller avec une indignation internationale temporaire, que de soumettre notre légitimité à un harcèlement constant, alors que la menace terroriste demeure intacte.
Les Israéliens observeront avec d'autant plus de célérité le rythme par lequel les roquettes sont tirées de Gaza comme signifiant une suite de provocations avérées du Hamas. Si ces attaques s’intensifient – comme elles l’ont fait, sporadiquement, ces derniers jours – et que l’érosion du calme retrouvé après l’offensive de Gaza en est la rançon à payer, le public israélien blâmera le Rapport Goldstone (pour en être la cause). Et les conclusions opérationnelles des Israéliens conduiront vraisemblablement, la prochaine fois, à une réplique moins retenue – l’exact résultat inverse à celui que le Juge Richard Goldstone cherchait à réaliser, à travers sa tentative apparente pour dénier à Israël tout droit légitime à l’auto-défense.
Yossi Klein Halevy est éditorialiste associé à La Nouvelle République The New Republic), et conseiller permanent senior à l’Institut Adelson des Etudes Stratégiquesdu Centre Shalem àde Jérusalem. Cet extrait a d’abord été publié sur le Site de l’ Adelson Institute website.
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