Partager l'article ! Abbas cherche une manière de mettre fin aux pourparlers de paix – le sourire au coin des lèvres: ...

Par Barry Rubin
Adaptation : Marc Brzustowski
Pour © 2010 lessakele et © 2010 aschkel.info
Avec l’aimable autorisation de Yeru Aharoni
Directeur des Publications/Rédacteur en chef du
Global Research in International Affairs (GLORIA) Center
Interdisciplinary Center
Titre original : Abbas Looks For A Way to End Peace Talks--With A Smile On His Face
http://rubinreports.blogspot.com/2010/09/abbas-looks-for-way-to-end-peace-talks.html
Je ne cesserai jamais d’être stupéfié de voir à quel point l’hystérie et la
mystification obscurcissent l’esprit des gens, dès qu’il est question du conflit arabo-israélien (ou israélo-palestinien). Considérons ce simple point de logique que vous
ne trouverez sans doute expliqué nulle part ailleurs. Et voyons ce qui en découle au final, concernant le Président Obama.
Mahmoud Abbas, le dirigeant de l’Autorité Palestinienne (AP) prétend qu’il ne peut pas négocier avec Israël, si Israël recommence à construire des immeubles dans les implantations déjà
existantes, après un gel de 9 mois de la construction.
Evaluons cette pétition de principe.
Premièrement, Abbas savait parfaitement que le gel se terminerait au bout de 9 mois et ne devait pas être renouvelé après que le délai soit passé, en septembre. S’il voulait fournir à Israël une
incitation à le poursuivre, - en démontrant que cette concession israélienne apportait un progrès vers la paix et offrait un avantage quelconque à Israël- Abbas aurait dû agir en ce sens. Au lieu
de quoi, il a freiné des quatre fers jusqu’à la toute dernière minute. Durant des semaines, les Etats-Unis l’ont supplié et fait pression sur lui afin qu’il retourne à la table des
négociations.
Deuxièmement, si les Palestiniens négociaient en vue d’une solution à deux-états, ils obtiendraient –dans le pire des cas – presque toute la Bande Occidentale (de Judée-Samarie/Cisjordanie). Il
n’y aura pas de nouvelles implantations juives dans ce territoire. Les implantations seront, sans doute, démantelées. Toutes les routes et bâtiments qu’Israël a construits (à moins d’être
démantelés dans les jours précédant la mise en œuvre d’un accord) reviendront aux Palestiniens.
Aussi, pour autant que les Palestiniens soient à ce point horrifiés par les constructions israéliennes, est-ce que cela n’aurait pas fait sens pour eux de négocier aussi vite que possible ?
Mais, au contraire, ils ont prolongé le processus, année après année après année, en trouvant de perpétuelles excuses pour se comporter ainsi.
Rappelons que l’Autorité Palestinienne a refusé de négocier depuis plus d’un an, depuis janvier 2009. Durant tout ce temps, Israël construisait dans les implantations. Néanmoins, durant les 9
derniers mois, alors qu’Israël ne construisait plus dans la Bande Occidentale, l’AP refusait encore et toujours de négocier.
Si on fournit, maintenant, la pleine mesure du temps écoulé
:
Phase Une : de 1992 jusqu’à la fin de 2000, l’OLP, et plus tard, l’AP ont négocié avec Israël à une époque durant laquelle il n’y avait aucune limite à la construction à l’intérieur des
implantations. Ils n’étaient, cependant, pas pressés de trouver un arrangement et, en fait, ont fait avorter les négociations en 2000. Incidemment, Israël a fait une large concession à l’égard de
ses positions originelles, lorsque le processus débutait en 1993 : pas de nouvelles implantations ou d’expansion territoriales de celles existant déjà. Il s’est tenu à cet engagement. L’OLP et
l’AP ont aussi fait quelques « concessions » : ils s’étaient engagés à combattre le terrorisme. Ils ne l’ont pas fait. Ils n’ont jamais élevé l’idée d’un gel de la construction dans les implantations existantes au stade d’un point à
marchander.
Phase Deux : puis, de 2000 à 2009 –une décennie- l’AP a refusé de soutenir toute négociation de paix directe, à une époque durant laquelle il n’y avait aucune limitation à la construction à
l’intérieur des implantations. Là encore, ils n’ont jamais suggéré l’idée qu’ils mettraient fin à la violence (2000-2005), ni qu’ils négocieraient, en échange d’un gel de la construction dans les
implantations existantes. Il s’agissait d’une idée du Président Obama, à la moitié de 2009 et ils l’ont rejetée.
Phase Trois : alors qu’Israël gelait effectivement la construction, l’AP a perdu 9 mois – sachant que l’horloge du gel temporaire tournait- sans faire le moindre geste pour accélérer ou
simplement même, être partie prenante de négociations quelconques.
Par conséquent, l’AP a perdu presque 20 ans, durant lesquels des milliers de bâtiments se sont ajoutés aux implantations israéliennes.
Il y a là un défaut fondamental dans l’assertion selon laquelle les Palestiniens sont désespérément avides d’obtenir un état et de mettre un terme à leurs souffrances. Ils n’ont pas l’air aussi impatients que cela. Pourquoi ? Parce que les cercles dirigeants palestiniens ont longtemps argué qu’il était plus important de conquérir tout Israël – ou de conclure un accord qui n’empêcherait pas de poursuivre cet objectif – que de faire des compromis et d'aboutir à une solution à deux états.
Que veut l’AP? Un état indépendant palestinien offert comme un cadeau par le monde, plutôt que de requérir un compromis mutuel avec Israël. Cela ne nécessite pas de négociations, mais, à l'inverse, une absence de négociations.
Si Abbas claque la porte des discussions, il ne pleurera pas, parce que la création d’un état palestinien a été, une fois de plus, reportée. Au contraire, il sera souriant parce qu’il se sera
échappé de ce que la plupart des dirigeants palestiniens – bien que peut-être pas le Premier Ministre Salam Fayyad – perçoivent comme étant le piège de la paix.
Incidemment, notons que lorsque le Président Barack Obama a rendu publique son interprétation massacrante du “processus de paix”, l’un des thèmes principaux de son discours
devant l’ONU du 23 septembre, il était totalement averti du fait que les négociations étaient probablement sur le point de s’effondrer, au moment de la fin du gel. On
pourrait arguer qu’en jouant son va-tout sur ce sujet, il essayait d’encourager quiconque à poursuivre, mais comment peut-on risquer sa réputation diplomatique sur une carte qui est sur le point
de faire s’effondrer un château de cartes ? Cela se situe quelque part entre le fait d’être irresponsable et celui d’être suicidaire.
Mais peut-être qu’Obama a parfaitement raison de penser qu’il peut aller plus loin, dans de telles affaires. Après tout, les gens ont oublié ce qui s’est passé (et
dit) durant son discours devant l’ONU, l’année dernière ! Il prédisait alors des discussions israélo-palestiniennes intensives et de haut niveau devant se dérouler dans les trois mois, et
cela lui a pris un an pour n’obtenir que des pourparlers de faible niveau, fragiles et limités; Sa politique menait à un échec total, mais essayez de trouver quelqu’un dans les media qui commente
ce point.
Barry Rubin est directeur du Centre pour la Recherche Globale en affaires internationales (GLORIA) et éditeur du journal : la revue des Affaires Internationales et du Moyen-Orient (MERIA). Ses derniers ouvrages sont « le lecteur israélo-arabe (7è édition), La longue guerre pour la liberté : la lutte arabe pour la démocratie au Moyen-Orient (Wiley), ainsi que La vérité sur la Syrie (Palgrave-McMillan). Le site internet du Centre GLORIA est à l’adresse : http://www.gloria-center.org et celle de son blog, Rubin Reports, à :http://www.rubinreports.blogspot.com.

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