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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 05:36

Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz
             Vitrines de boutiques appartenant à des Juifs endommagées durant le pogrom de la la Nuit de cristal (Kristallnacht). Berlin, Allemagne, 10 novembre 1938.
Autres photographies


Merci à United States holocaust mémorial muséum

N'oublions Jamais !


LA NUIT DE CRISTAL 
(9-10 NOVEMBRE 1938)

Cliquez sur les liens de couleur, pour en savoir plus, voir d'autres photos, cartes ou témoignages 

 

La "Nuit de Cristal" (Kristallnacht) est le nom donné au violent pogrom qui eut lieu les 9 et 10 novembre 1938, dans toute l'Allemagne et les territoires récemment annexés (Autriche et Sudètes), à l'initiative des dirigeants du parti nazi et des S.A. (sections d'assaut).


L'origine du nom de cet événement est liée au nombre incalculable de vitres brisées des synagogues, magasins, centres communautaires et maisons appartenant à des Juifs qui furent mis à sac et détruits à cette occasion. Ce terme est devenu un euphémisme pour désigner cette brutale opération et n'exprime pas de façon appropriée les souffrances qu'elle causa.

Les autorités allemandes présentèrent la Nuit de Cristal comme une explosion spontanée de la colère populaire en réponse à l'assassinat d'Ernst von Rath, troisième secrétaire de l'ambassade d'Allemagne à Paris, le 7 novembre 1938, par Herschel Grynszpan, un Juif polonais âgé de 17 ans.

Quelques jours auparavant, Grynszpan avait reçu une carte postale de sa soeur qui l'informait qu'elle et ses parents, avec des milliers d'autres Juifs de nationalité polonaise vivant en Allemagne (les parents de Grynszpan vivaient en Allemagne depuis 1911), avait été expulsés d'Allemagne sans préavis.

Dans un premier temps, l'accès à leur pays d'origine leur avait été refusé mais par la suite, conduits physiquement de l'autre côté de la frontière, les parents de Grynszpan et les autres Juifs expulsés avaient été relégués dans un camp de réfugiés près de la ville de Zbaszyn, à proximité de la frontière germano-polonaise.

 

 

Europe, 1938
Autres cartes

Von Rath mourut le 9 novembre 1938, deux jours après l'attentat. Les Nazis attribuèrent l'assassinat à la "communauté juive mondiale" et, par mesure de représailles, organisèrent un pogrom massif sur l'ensemble du territoire du Reich.

Dans toute l'Allemagne, y compris l'Autriche récemment annexée, des centaines de synagogues furent saccagées, pillées et détruites. Nombre d'entre elles furent incendiées, et les pompiers avaient reçu l'instruction de les laisser brûler et d'empêcher seulement que les flammes ne s'étendent aux bâtiments voisins.


Les vitrines de 7 500 établissements commerciaux appartenant à des Juifs furent brisées, et leurs marchandises pillées. Des cimetières juifs furent profanés. Des groupes de S.A. parcoururent les rues, s'attaquant aux Juifs qu'ils rencontraient : une centaine de Juifs furent tués. Poussés au désespoir par la destruction de leurs maisons, de nombreux Juifs, parfois des familles entières, se suicidèrent.

Ce pogrom fut particulièrement violent à Berlin et à Vienne, où vivaient les deux communautés juives les plus importantes du Reich. La plupart des synagogues de Berlin furent détruites par les flammes et de nombreux magasins et habitations appartenant à des Juifs furent pillés et saccagés. Des dizaines de Juifs furent tués.

A Vienne, la plupart des synagogues et des maisons de prière de la ville furent détruites ou brûlées sous les yeux des pompiers et de la population.

 


 
Décrit la Nuit de Cristal à Hambourg
Les témoignages
 
Autres objets
Pages de livres de prières hébraïques dévastés pendant la Nuit de Cristal

 

Si, pour l'essentiel, ils ne participèrent pas au pogrom, les SS et la Gestapo (police secrète d'Etat) le prirent comme prétexte pour procéder à l'arrestation d'environ 30 000 hommes juifs. Ils furent envoyés dans les camps de concentration de Dachau,Buchenwald et Sachsenhausen. Soumis à des traitements brutaux, ils furent ensuite relâchés dans les trois mois qui suivirent, mais durent s'engager à quitter l'Allemagne. Au total, on estime de 2 000 à 2 500 (en incluant les morts dans les camps de concentration) le nombre de morts liés directement ou indirectement à la Nuit de Cristal.

 

 

Les Nazis attribuèrent aux Juifs eux-mêmes la responsabilité de la nuit de Cristal et infligèrent une amende d'un milliard de marks (soit 400 millions de dollars au taux de change de 1938) à la communauté juive allemande.

Le Reich confisqua toutes les indemnisations des assurances qui auraient dû être versées aux Juifs dont les établissements commerciaux ou les habitations avaient été pillés ou détruits, et les propriétaires juifs durent prendre à leur charge les frais des réparations.

La nuit de Cristal annonçait une nouvelle vague de lois antisémites. Dans les semaines qui suivirent, le gouvernement allemand promulgua toute une série de lois et de décrets visant à exproprier les Juifs de leurs biens, à les priver de leurs moyens de subsistance et à les exclure de toute vie sociale.

Des lois imposèrent l' "aryanisation" (le transfert à des propriétaires non juifs) des entreprises et des propriétés immobilières appartenant à des Juifs, à une fraction de leur valeur réelle. Les écoles juives furent fermées et les enfants juifs qui fréquentaient encore des écoles allemandes furent expulsés.

Les Juifs se virent interdire l'exercice de la plupart des professions libérales, durent vendre leurs objets de valeur à des services d'achat de l'Etat et furent assujettis à des impôts spéciaux.

Les Juifs n'avaient pas le droit de posséder de voiture, leurs permis de conduire leur furent retirés et leur accès aux transports en commun était rigoureusement réglementé.

L'accès des théâtres, des salles de concert et de cinéma et des lieux de divertissement en général était interdit aux Juifs. Ils furent ensuite concentrés dans des "maisons juives" : ils n'avaient plus le droit d'habiter dans les mêmes immeubles que les "aryens".

Les Nazis prirent comme prétexte l'acte isolé d'un jeune Juif pour dépouiller l'ensemble de la population juive et pour l'exclure de toute vie sociale et les forcer à émigrer.

Source : http://www.ushmm.org/wlc/fr/ 

 

Par Aschkel - Publié dans : ANTISEMITISME/ANTISIONISME - Communauté : L'Equipe J.A.G - TOP NEWS -
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Commentaires

La nuit de cristal - brisé - pose deux questions : la première, c'est qu'aux récits de participations de "civils" -non officiellement membres de milices- s'opposent des récits de timides
opposition, notamment de pompiers ou de voisins,ce qui nous renvoie à la participation de la population allemande au mouvement nazi et des formes d'opposition qui ont pu exister. Or, ce qu'il est
malheureux de constater, c'est que le soutien aux Juifs allemands a été véritablement marginal. Une véritable indifférence à quelques exceptions, bien sûr, mais l'ambiance judéophobe s'est
radicalisée depuis près d'un demi-siècle, avec une tension particulièrement forte dans les ville où la population juive y est importante (Berlin en tête) dès les années 1928, à travers la création
de comités locaux nationalistes qui, à l'instar des milices de type hamas, organisent la vie sociale selon leurs principes, terrorisant leurs ennemis, supplantant les communistes dans leurs propres
fiefs, et mettant en place la ségrégation antijuive qui conduira à la Kristallnacht. Idéologiquement, un tel cadre de pensée s'est formé sur près d'un siècle, avec une "résistance" intellectuelle
constante qu'on retrouvera chez les plus grands historiens prussiens notamment. Je reprends à souhait ce terme utilisé par les écervelés pro-hezb. Logique paranoïaque, indiscutablement, logique
xénophobe également. Ce qui est alors le paradoxe de la situation, c'est la conviction de très nombreux Juifs allemands de faire partie de la germanité, de se vivre comme allemands, de penser en
allemand. Quitte à parler de "Konfirmation" au lieu de Bar Mitsva, ou encore à fêter les fêtes de Pâque à la même date que la Paques. L'exemple le plus classique est Walter Rathenau, d'origine
juive et s'identifiant complètement avec le nationalisme allemand, avant d'être assassiné par ces mêmes qu'il défendait.La deuxième question que pose la Nuit de Cristal est sa place dans
l'historiographie des relations judéo-allemandes : doit-on en faire l'aboutissement d'un processus ? ou au contraire un phénomène plus massive certes, mais d'importance égales aux discriminations,
violences, attaques constantes subies par les Juifs allemands depuis l'arrivée des NS au pouvoir. Cela permet de rappeler que dans les années 1930 en particulier, les Juifs de l'Est européen
faisaient figure de paria par excellence, accusés de tous les maux et de propager toutes les maladies. Le discours violemment radical envers les "Juifs polonais" (der jüdische Pole) émerge dès la
fin du 18e siècle, et trouvera dans l'extension de la Prusse ou de l'Autriche vers l'est lors des partages de la Pologne un champ d'expansion. Ces régions marginales (Galicie, Bukovinie,
Polhynie,...) représentent alors pour de nombreux littérateurs la nouvelle Barbarie, un espace où la culture allemande n'existe pas, - et qui pourant, donnera à la littérature allemande ses poètes
les plus délicats et les plus grands du 20e siècle -. Une image d'Epinal à laquelle participeront des Juifs allemands, sans doute dans l'espoir de voir leur attachement sans faille à la germanité
reconnue. En vain. D'une certaine façon, la nuit de cristal résume à elle seule la tension entre le sentiment d'appartenance (à la culture allemande, dont par exemple la participation enthousiaste
de nombreux Juifs allemands à la cause allemande de la 1re guerre mondiale - il en est de même des Juifs français de l'époque -) et la perception des identités (la judéité conçue par les
nationalistes allemands comme purement ethnique).
Commentaire n°1 posté par sacha le 09/11/2009 à 20h02
Merci Sacha pour ton si précieux commentaire
Commentaire n°2 posté par Aschkel le 09/11/2009 à 22h23
 
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