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A croire les médias français
cette semaine, il ne se passe rien d’autre sur cette planète qu’à Copenhague. Rien d’autre et nulle part ailleurs
Jouant avec les phantasmes d’une population qui ne sait plus vers qui se tourner pour chercher un coupable, le grand marchandage a commencé
sur fond de catastrophisme. Qui va payer ? Mais surtout « qui est responsable » ?
Les pays occidentaux, en tout premier lieu que le président bolivien nouvellement élu convoque devant un tribunal international, dit «
tribunal climatique » pour génocide et crime contre l’Humanité.
Ce même Président, Evo Morales, triomphalement réélu dimanche pour un second mandat, s'en est pris à la presse, dès son investiture, en
estimant qu'elle jouit d'une "liberté d'expression excessive". Mais personne ne semble lui en tenir rigueur.
A Copenhague, on manifeste tout habillé de bleu, et on marchande.
Va-t-on aller vers 1,5°... 2 °, 5 ° de degré de moins, de plus ?
Comme si le non-réchauffement pouvait se décréter ! Comme si seul l’être humain pouvait agir contre cette catastrophe prétendument annoncée
!
Au 16° siècle, la Sibérie n’était qu’une immense
plaine verdoyante et personne à l’époque n’a hurlé au réchauffement. Les industries polluantes, à part les tanneries nichées au bord des rivières, étaient relativement rares, il
est vrai.
Il aura suffi d’une campagne bien orchestrée, tout d’abord par Al Gore, ex-candidat malheureux à une présidentielle américaine. Les
conférences et le film « Une vérité qui dérange » lui ont été d’un secours profitable pour arrondir ses fins de mois qu’il trouvait un peu trop
étriquées.
Il vendait ses conférences suffisamment chères pour que les associations européennes qui se battent contre la pollution depuis des lustres
soit dans l’impossibilité de l’inviter.
Membre du comité directeur d’Apple, conseiller officieux de Google, Al Gore a manifestement de gros besoins
financiers.
Puis sont venus Nicolas Hulot et Yann
Arthus-Bertrand, ce dernier aidé par le sentimental Luc Besson pour son film « HOME ».
Devant la magnificence des images, chacun fait semblant d’oublier qu’Arthus Bertrand, "scientifique" et "spécialiste es-réchauffement"
autoproclamé, est d’abord et avant tout un photographe, excellent certes, et comédien dans certains films dont OSS 117 prend des
vacances dans les années 70.
Ce qui ne prédispose pas, du moins serait-on tenté de le penser, à de grandes compétences sur le plan
climatologique.
La presse française a été d’une discrétion de bluette sur les échanges de courriels au sein d’une université anglaise et qui mettaient en
cause l’authenticité et la rigueur scientifique des conclusions des alarmistes (dont le fameux GIEC).
De toute manière, chacun est contre le réchauffement climatique et attribue aux émissions de carbone l’ensemble des phénomènes climatiques
impressionnants qui déchire notre terre.
El Nino ne leur a pas suffit pour acquérir une notoriété. Les voici, les bougres, à se lamenter au fin fond de la
Scandinavie.
Primo n’a jamais cédé à la tentation facile du
discours ambiant. Mieux, il pense qu'il n’est pas interdit de devenir intelligent. Comme il n’est pas fatalement obligatoire de verser dans la « larmoyance » au spectacle d’un
goéland « emmazouté », sinon pour de bonnes raisons.
Les intégristes de Copenhague, entendons par là ceux qui en attendent le paradis sur terre et qui feront mine d’être déçus dans 10 ans quand
ils s’apercevront que les subventions ne sont pas renouvelées pour leurs associations, jouent sur deux tableaux.
Ils interdisent, dans leurs discours prémâchés, toute remise en question de leurs dogmes catastrophistes. Ils font mine de s’apitoyer sur le
sort des populations du Bengladesh qui ne pourront jamais rouler en voiture. Et ils militent pour un renouvellement sans conditions de leurs
subventions.
Ils sèment, volontairement ou non, la confusion entre pollution (qui existe réellement) et réchauffement (qui n’est pas uniquement le résultat
de l’activité humaine).
Copenhague et après ?
A peine rentré de Copenhague, les scientifiques, étudiants et activistes américains feront imprimer le portrait d’Al Gore sur des tee-shirts
achetés dans des usines chinoises qui exploitent les enfants. Ils brancheront leurs climatiseurs dans l’appartement car, décidément, ce réchauffement est une
plaie.
Certains adeptes français de la lutte contre le
réchauffement se réuniront en décembre autour d’un bon repas, avec, en entrée, une salade de tomates bio ornée de quelque brins de ciboulette pour faire joli. L’empreinte carbone
de ce kilo de tomates équivaudra à celle d’un enfant du Mali pendant une période de 5 ans mais ils auront le sentiment du devoir accompli.
A la fin du repas, l’alcool aidant, ils se remémoreront leurs marches silencieuses aux abords du Palais de Copenhague en savourant la salade
de kiwis et de mangue, lesquels fruits auront fait 12 heures d’avion pour parvenir jusqu’à leurs petites tables de petits agitateurs aux petites
idées.
Ils prendront la décision unanime et courageuse de mettre au bas de leurs courriels la mention « pensez à la planète, n’imprimez ce mail qu’en
cas de nécessité » et réfléchiront à leur futur investissement dans une table en teck pour le jardin d'été.
Quand l’un d’entre eux, un peu plus conscient que
les autres, leur répondra « déforestation », ils roteront faiblement et affirmeront, d’une voix avinée, qu’ils ne prendront que des meubles issus de l’exploitation « duraaaaaable
».
Il faut 5 minutes pour abattre un arbre et 60 ans pour que son équivalent atteigne la taille adulte. Ou est le durable dans cette affaire,
sinon dans la poche d’entreprises véreuses qui ont senti le bon filon ? Décidément, les vrais écolos ne sont pas allés à Copenhague.
Les hommes politiques et chefs d’Etat, clou du spectacle de la capitale danoise, viendront apposer leur signature sur un document qui ne les
engage en rien puisqu’il n’aura aucune valeur contraignante.
Qu'importe, ils auront leur photo sur le journal.
Les associations lucratives sans but, qui hantent les couloirs depuis une semaine, s’en reviendront avec la certitude d’avoir le budget pour
les dix prochaines années. Les groupes de pression auront bien manœuvré.
Les intérêts financiers des associatifs et ONG seront comblés. Les intérêts électoraux de leurs commanditaires
également.
Les pays que l’on dit émergeants repartiront avec la ferme assurance que la faute est entièrement à attribuer aux pays développés et
obtiendront toute l’aide qu’ils voudront pour croître, sans donner l’assurance qu’ils lutteront contre la corruption car le temps est compté, comprenez-vous
!
C'est chaud, à Copenhague
En danois, ce nom a comme origine "Købmandshavn",
qui signifie « le port des commerçants ».
Et on y va à la manœuvre. Quels efforts peut-on consentir ? Quels soutiens aux pays pauvres ?
Et moi, j'ai pas envie de mettre fin à ma croissance. Moi non plus, j'ai des électeurs. Oui, mais toi tu en as profité pendant 50 ans alors que moi
pas.
Finalement, tout cela n’aura été qu’une petite manifestation de boutiquiers chargés de surveiller leur commerce avec les comptoirs établis
chez les « sauvages ».
Pendant ce temps, les décorations de Noël
consommeront l'équivalent de 350 hôpitaux ou de deux pays africains. Les appareils électroniques (TV, ordinateurs, cafetières) seront mis en veille chaque nuit dans les foyers
français, à l’heure bienheureuse de rejoindre les draps.
Cette désinvolture consommera l'équivalent de la production d'une centrale nucléaire.
Les Français bouderont les produits qui ne sont pas emballés à leur goût, enrichissant ainsi les multinationales qui continueront à dépenser
des milliards pour les appâter et les marchands de "déchets à valoriser" pour le plus grand profit de leurs actionnaires.
Les pétroliers pourris continueront à manœuvrer avec constance en effleurant nos côtes pour que nous puissions aller chercher le petit à la
crèche.
Polluer moins, accepter la simplicité du Beau et du Bien, refuser la surconsommation qui valorise son égo, en bref, inscrire au fond de nos
pratiques la citoyenneté et le respect, voilà qui fait trop ringard et peu "bankable" à l'heure de la pensée unique.
Et si décidément, il commence à faire un peu trop chaud, les Européens partiront en Afrique, apprendre de leurs frères africains, les gestes
d'économie qui permettent de survivre dans l'adversité.
Copenhague, le dernier port avant la franche rigolade.
Ces quelques jours auront été révélateurs d’un monde qui se croit encore surpuissant et qui ne veut attribuer qu’à lui-même la possibilité
d'agir sur son propre devenir.
La fatuité est grande. Et l’être humain pourrait peut-être apprendre dans les années qui viennent, Copenhague ou pas, que la nature n’a pas
besoin de lui pour détruire, ni pour faire naître.
Au fond, Copenhague fait partie de cette comédie
que l’homme se joue à lui-même depuis des siècles dans laquelle il reste persuadé qu'il a le premier rôle au théâtre de l'humanité (mais non, pas le journal
!).
Reste à savoir, au sein de cette comédie, de quel côté cet être humain va sortir. Côté cour ou côté jardin ?
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Pierre Lefebvre © Primo, 15-12-2009 http://www.primo-info.eu/ |
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