Le 8 novembre 2009, lors du magazine d’informations 13 h 15 de France 2, l’acteur François Cluzet avait
allégué à tort que Salah Hamouri, franco-palestinien, avait été emprisonné pour « délit d’opinion » en Israël. Le 9 novembre, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA)
saisissait le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) pour «désinformation et incitation à la haine» car Salah Hamouri avait été légalement
condamné par Israël à sept ans de prison pour son rôle leader au sein d’une branche du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), organisation terroriste, et pour avoir
tenté d’assassiner Ovadia Yossef, grand rabbin israélien et chef du parti Shass. Le 22 novembre 2009, ce magazine diffusait un reportage partial, lacunaire et déséquilibré en occultant une partie
de la vérité sur ce terroriste.
Il a fallu deux semaines à ce «
magazine de la rédaction de France 2 au
ton dynamique et décalé sur l’actualité, l’air du temps et la
politique » pour revenir sur les faussetés de François Cluzet sur Salah Hamouri !
Des faits reconnus par Salah et certains de ses soutiens
Rappelons les faits . En mars 2005, trois jeunes membres du FPLP, dont Salah Hamouri sont arrêtés par le Shin Bet (
Service de sécurité intérieure) et la police israélienne. Titulaires de cartes d’identification israéliennes, ils
préparaient l’assassinat du révéré et âgé Ovadia Yossef.

Un mois plus tard, les quotidiens israéliens font état du degré avancé du
complot : repérages des lieux, surveillance des habitudes du rabbin, etc. The
Jerusalem Post décrit leur plan : «
Salah Hamouri devait abattre
le rabbin Yossef à son entrée à son domicile avec son M-16. Ses complices se ruaient alors dans la maison pour tuer, avec leurs Kalashnikov et grenades, les gardes et toute personne aux
alentours ». Un massacre prémédité. «
Peu après la libération de prison d’Hamouri en raison de son activité terroriste en 2004, tous trois ont reconstruit
l’infrastructure du FPLP parmi la communauté Arabe vivant au Nord de Jérusalem» précise
Arutz Sheva. De son propre aveu, Salah Hamouri
projetait, avec ses complices, d’autres attentats. Selon les services de sécurité,
cette cellule du FPLP avait aussi reçu d’un responsable du FPLP à Jérusalem
argent, «
armes et munitions à utiliser lors d’attentats terroristes
contre des cibles
juives de la capitale ». Selon
Haaretz, les assassins du
ministre israélien du Tourisme Rehavam Zeevi, emprisonnés à Jéricho selon un accord avec l’Autorité palestinienne (AP), ont
apparemment donné à cette cellule leur accord/bénédiction pour tuer ce rabbin. Depuis 2001, le FPLP «
fomentait les meurtres de figures publiques israéliennes, en recrutant principalement parmi les Arabes israéliens qui ont un libre
accès partout dans le pays ».
Même
Me Leah Tsemel, avocate de Salah Hamouri, reconnaît ce complot, mais
nie toute preuve attestant une décision de passer à l’acte.
Buzz et soutien politique

Après les
allégations désinformantes de François
Cluzet, des soutiens à ce terroriste ont tenté de faire monter le buzz sur Internet en enjoignant de visionner la vidéo de l’intervention de François Cluzet, afin d’atteindre un seuil
critique de clics et d’avoir des retombées médiatiques.
Cet acteur a reçu le soutien du
NPA (Nouveau parti anticapitaliste) – le NPA qui accueillait un leader du FPLP à
son
congrès en 2009 - et du
syndicat des journalistes
SNJ-CGT. D’aucuns alléguaient une tentative de
brimer la liberté d’expression, en occultant le droit à l’information, le devoir d’un media d’informer honnêtement et la responsabilité d’un acteur-citoyen. Une étrange conception de la
responsabilité. Une démocratie définie comme une addition de droits et émondée de devoirs, de contrôles et de sanctions.
Un traitement biaisé et déséquilibré
«
Voici notre reportage sur ce Franco-palestinien actuellement emprisonné en Israël. Il a été condamné à sept ans de prison par un tribunal militaire », annonce le
journaliste
Laurent Delahoussece 22 novembre
2009. Pourquoi ne pas dire « terroriste » ? Pourquoi n’avoir pas rappelé les chefs d’inculpation et et les motifs de la condamnation ?
Et de poursuive : « Nous avons voulu équilibrer ce débat et entendre toutes les parties dans cette affaire ». Mais il n’y a aucun débat. Les faits sont têtus et établis.
France 2 met sur un pied d’égalité les faits et la propagande sur ce terroriste.
Après cette introduction (17 secondes), France 2 diffuse donc un reportage de Marie-Pierre Farkas et
Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, intitulé
7 ans de prison.

Un titre glaçant. Comme si la peine d’emprisonnement était
irréelle, sans lien avec les griefs de terrorisme et de complot pour tuer un grand rabbin. Pourquoi pas ce titre :
7 ans de prison pour un terroriste français ? En effet, la
condamnation est devenue définitive, car ce terroriste a refusé d’interjeter appel.
Quelques précisions de « terminologie ». Le site du Comité de soutien à ce terroriste s’appelle
http://www.salah-hamouri.fr/.

Tout comme ce
reportage, il montre son
passeport français (2005) où le nom est orthographié « Hammouri ». Une
revue de presse d’UNISPAL (Système d’information des Nations unies sur la
question de Palestine), évoque l’arrestation en 2004 d’un «
Palestinien Salah Al-Hamouri » en compagnie de Ghassan Abu Kharan, soupçonné d’être, «
selon des
sources palestiniennes, un responsable du FPLP ». Quant à la mère de Salah Hamouri, France 2 l’appelle Denise Hamouri. Celle-ci signe ses
lettres à des officiels français Annick-Denise Guidoux-Hamouri. Etrange…
Dans ce reportage, sont interrogées Denise Hamouri, la mère - note humaine -, ledit comité de soutien – note altruiste –, et l’ambassadeur d’Israël en France
Daniel
Shek – note étatique.
Charles Enderlin a interrogé Denise Hamouri, mais curieusement, il n’a interviewé aucun officiel du
gouvernement et des services de renseignements israéliens, ni le grand rabbin visé par la tentative d’assassinat. Pourquoi ?
La caméra s’attarde sur le passeport français du terroriste, mais ne montre pas et ne cite pas le jugement condamnant ses complices et lui. Pourquoi ?
Examinons les temps de parole de ce reportage de 5 minutes et 18 secondes (générique compris) : ceux qui soutiennent Salah Hamouri se sont exprimé pendant 116 secondes, soit plus d’un tiers
du reportage. France 2 n’a accordé à Israël, représenté par son seul ambassadeur en France, Daniel Shek, que 48 secondes, soit deux fois moins de temps et moins d’un septième du reportage.
Quant au commentaire en voix off du reportage, il est loin d’être neutre. Il exprime souvent la voix des proches de Salah Hamouri : «
Son fils est passé deux ou trois fois devant la
maison d’un rabbin. Ce n’est pas un crime. Il va être libéré ». Ou «
Sur les conseils de son avocate, Salah Hamouri accepte de plaider coupable ». C’est-à-dire
un
accord intégré dans le droit de démocraties, notamment la France (
loi Perben II du 9 mars 2004), et permettant une
«
décision rapide de la justice », ce que réclamait la France, tandis que les Hamouri se plaignaient de l’absence de jugement.
Ce commentaire ternit également l’image d’Israël présenté comme Etat pratiquant l’arrestation arbitraire et la détention injustifiée : «
Son jugement est reporté faute de
preuve ». Non, la justice militaire tributaire a été lente en ce dossier visant plusieurs terroristes, et en raison de
contraintes internes : nombre limité d’heures judiciaires, de chambres, etc. Rappelons que la France a été condamnée à maintes
reprises par la
Cour européenne des droits de l'homme pour la
lenteur de son institution judiciaire.
Cette voix
off présente dès le début une version édulcorée,
soft, de la vie de Salah Hamouri : «
Une vie sans histoire jusqu’au 13 mars2005 ».
Or, sur le site de son Comité de soutien, sa
biographies’apparente au casier judiciaire
d’un multirécidiviste. Jugez plutôt : 24 ans, trois arrestations et trois détentions en lien avec le terrorisme : 2001, 2004 et 2005. Lourd passif avec escalade vers l’assassinat terroriste.
Graves antécédents que les journalistes de France 2 ont du lire sur ledit site dont ils montrent des images.
Bilan. L’ambassadeur d’Israël qui s’en tient aux faits : 48 secondes. La version des soutiens de Salah Hamouri : entre quatre et cinq minutes. Quant aux images tournées en Israël, elles
représentent une durée d’une minute et 33 secondes, soit moins de 30% du reportage, alors que tous les faits sur lesquels il aurait fallu enquêter – complot, arrestation, emprisonnement,
jugement - se sont produits en Israël. C’est l’équilibre, l’enquête, la déontologie professionnelle selon France 2.
Les faits initiaux sont présentés par la seule Denise Hamouri, interviewée dans son appartement bourgeois, dont on voit les photos de famille encadrées. Donc, dès la première minute, ce
reportage joue sur le subjectif, l’affectif, l’empathie du téléspectateur à l’égard d’une mère. Il omet de montrer l’être humain visé par le complot terroriste fomenté par Hamouri et ses
complices du FPLP. Il dissimule que le FPLP est une organisation listée comme terroriste notamment par l’
Union européenne et a notamment assassiné
Rehavam Zeevi, le 17 octobre 2001.
Combien d’enfants ? Selon ce reportage - voix
off et photo familiale - Denise Hamouri «
a rencontré l’amour lors d’un voyage en Terre sainte.
Elle a épousée Hassan. Elle a eu deux enfants, Salah et Caroline,
tous deux, élevés dans des établissements privés catholiques de Jérusalem ». Or, Denise Hamouri
a écrit fin 2007 à la mère de Guilad Shalit : «
Je suis française mais je vis à Jérusalem Est depuis plus de 20 ans car
mon mari est palestinien. Je suis enseignante , nous avons 3 enfants qui ont la nationalité française » .
Que s’est-il passé ce 13 mars 2005 ? Voici la
version de Jean-Claude
Lefort,
ancien député communiste et
«
coordinateur de son Comité national de soutien », le 20 février 2008, d’après le récit que lui a fait Salah Hamouri le 18 février 2008 : «
Ce jour-là, 13 mars
2005, [Salah Hamouri] allait en voiture avec des copains à Ramallah. Arrivés au « chekpoint » de Qalqiliya il présente ses papiers. Les soldats consultent, le font descendre du véhicule et
l’arrête sans aucune explication. Il est conduit aussitôt en prison». Ce qui diffère quelque peu de la version de Denise Hamouri ce 22 novembre 2009 à France 2 - une version déjà
énoncée en
avril
2009 : «
On a été prévenu par un de ses amis qui l’a vu, par hasard, les yeux bandés, les mains menottées monter dans une jeep ». Comment et où un de ses amis
a-t-il pu le voir «
par hasard, les yeux bandés, les mains menottées monter dans une jeep », alors que Salah Hamouri a été «
arrêté et conduit aussitôt en prison
» sans les
« yeux bandés, [ni] les mains menottées », et ce, sous les yeux de ses «
copains » selon ses propres dires relatés par Jean-Claude
Lefort ? Si vraiment ce terroriste avait eu «
les yeux bandés et les mains menottées », il l’aurait dit à Jean-Claude Lefort, d’autant qu’il lui dit être amené menotté à
ses audiences. Nul doute que Jean-Claude Lefort et que le site Internet dudit Comité de soutien l’auraient mentionné. Or, ils ne l’ont pas fait.
Denise Hamouri aurait «
appris par la presse pourquoi il a été arrêté » un mois après son arrestation et, selon France 2, elle aurait tardé à «
appeler la France à
l’aide » car elle aurait minoré le problème.

C’est invraisemblable. A chacune des trois interpellations et détentions
de son fils, elle n’a saisi aucun media - alors qu’Israël concentre la plus grande densité de médias au monde -, aucun consul ou ambassadeur de France, aucune association de droits de
l’homme, aucune association française pro-palestinienne !? Israël est une démocratie, pas une dictature.
Les soutiens du terroriste ? Ils sont filmés souvent en plan moyen, mobiles, insérés dans un décor intimiste ou républicain (Elysée, Assemblée nationale). Alors que Daniel Shek est filmé en
très gros plan, statique, sur un fond beige, neutre, sans les symboles colorés reconnaissables de l’Etat juif : menora ou drapeau bleu et blanc frappé de l’étoile de David. En fait, les
soutiens du terroriste sont filmés en action, en marche – comme la vérité ?! -, en nombre. Et Daniel Shek semble leur opposer l’immobilisme d’un Etat. Là où les uns parlent « humain », le
diplomate se situe sur le registre des institutions, du juridisme.

Parmi ces soutiens, Michel Voisin, député UMP de l’Ain, allègue :
«
Il n’y a rien dans le dossier. Ça a été prouvé par ses avocats » (sic). La journaliste de France 2 ne lui cite même pas les motivations, les
attendus du jugement condamnant ce terroriste qui a reconnu les faits. Donc, l’Etat d’Israël ne respecterait pas le droit, pratiquerait l’arbitraire et condamnerait sans preuve ! Non. Les
faits sont têtus : «
Les preuves présentées par le procureur militaire démontraient son implication dans les crimes dont il est accusé », précise
Nina Ben-Ami, porte-parole de l’ambassade d’Israël
en France . Et de préciser : «
Hamouri a été jugé devant un tribunal militaire parce qu'une partie des crimes dont il est accusé a été commis dans les territoires palestiniens, et
non en Israël. En outre, ses deux complices résident dans les territoires palestiniens. Selon le code de procédure militaire, ces crimes relèvent de la compétence du tribunal militaire et non
de la justice civile ». Cette
justice militaire, à la procédure
similaire à celle des tribunaux civils, garantit les droits des prévenus, etc.
Ce parlementaire ajoute : Salah Hamouri « mérite pas d’être sous les verrous…. S’il est transféré en France, je pense que compte tenu de son dossier, il aura pas beaucoup
de problème à être remis en liberté ». C’est la journaliste qui lui a suggéré ce transfert. Ce qui n’a été demandé par aucun de ses soutiens. Même pas par sa mère !
Marie-Pierre Farkas cite Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, insistant sur Europe 1 sur les efforts déployés «
à toutes les rencontres » pour faire libérer
«
le Franco-palestinien».

Or, Daniel Shek rappelle clairement : «
Il a été condamné par un
tribunal, et c’est la justice qui doit le libérer, ce n’est pas la politique ». Et pourtant, cette journaliste poursuit : «
Sans un coup de pouce diplomatique, Salah
Hamouri, étudiant français [Nda : donc inoffensif],
ne sera pas libéré avant novembre 2011 », au lieu de «
Salah Hamouri, terroriste français
qui n’a jamais exprimé de regret demeure en prison ». Bref,
le reportage laisse croire en des pressions diplomatiques illégales : le
professeur David Ruzié rappelle le «
droit reconnu à un Etat d’intervenir pour veiller, précisément, à
ce que ses ressortissants, en dehors de son territoire, soient traités suivant les normes du droit international, mais toute immixtion dans le fonctionnement de la justice d’un autre Etat est
interdite ». Indignés par la demande de la France visant la libération de Salah Hamouri, des
médias israéliens ont souligné qu’Israël n’est pas une autocratie et qu’Israël a
le droit de protéger ses citoyens.

L’égalité ! Elle résonne en écho à la revendication d’égalité de
traitement exprimée par Jean-Claude Lefort. Sous-entendu comme le franco-israélien Guilad Shalit.
Cette fin lie aussi le cas de Salah Hamouri à un principe juridique universel, et non au terrorisme, et l’ancre dans l’histoire de France, et non dans l’histoire du Proche-Orient. Mais elle
fait sourire quand on dresse le bilan déséquilibré du temps de parole d’un « débat équilibré » selon France 2. Alors, oui, pour l’égalité de traitement de Salah Hamouri
avec les terroristes. Et oui, pour l’égalité de traitement par l’examen de ce reportage à l’aune de la déontologie professionnelle, des « exigences d’honnêteté de l’information et de
rigueur dans sa présentation et son traitement», termes du CSA.
Que vont retenir les téléspectateurs ? La vérité – Salah Hamouri est un terroriste légalement condamné et emprisonné – ou le narratif le présentant comme une victime d’une injustice ?
Quant à Sammy Ghozlan, président du BNVCA, il a exprimé son indignation face à un reportage si
déséquilibré.
Une manipulation politique franco-française
Les communiqués les plus anciens favorables à Salah Hamouri remontent à
octobre 2007 Pourquoi des associations
pro-palestiniennes n’ont-elles pas parlé de son cas avant ?
Lors d’une
interview radiophonique en 2008, Denise Hamouri explique avoir
écrit «
au quai d’Orsay, au consulat », mais «
au début, on ne se bougeait pas trop... Au moment où le soldat Shalit a été enlevé, et que la France
s’est mis à dire qu’il fallait le libérer parce qu’il était français, je me suis dit qu’après tout nous étions aussi dans un cas un petit peu pareil à Guilad Shalit. Mon fils pour moi a été
enlevé. Ce n’est pas une arrestation, pour moi c’est un enlèvement. Il est otage puisqu’il est depuis trois ans sans jugement… [Nda : elle nie l’existence de l’Etat d’Israël et les
lenteurs de la justice]
Et c’est là que j’ai commencé à écrire un peu partout en réclamant qu’on me considère un peu pareil. Cela a pris du temps, jusqu’au jour où j’ai écrit aux
parents de Guilad Shalit ... La lettre a été publiée. Des associations ont été un petit peu au courant et elles se sont mises à m’aider un petit peu à travailler ».
De même, on ne trouve aucune occurrence « Hamouri » sur les sites Internet, en français et en anglais, d’ONG internationales, ayant pourtant tancé maintes fois et à tort l’Etat juif
:
Human Rights Watch (HRW) et
Amnesty International.
Par contre, sur quel site palestinien trouve-t-on des communiqués en
français et en
anglais sur Salah Hamouri ? Celui du FPLP.
Quel texte incontesté décrit Salah Hamouri comme membre du FPLP ayant été lié à des actions terroristes, et ceci en se fondant notamment sur les déclarations de ses complices ? C’est l’arrêt
de la
Cour suprême israélienne (§ 8) d’août 2005
correspondant à un appel de complices. Sans
réaction offusquée de Salah Hamouri qui a préféré une peine d’emprisonnement de sept ans au risque d’une
condamnation plus lourde en appel.
Enfin, Charles Enderlin et les membres de sa rédaction auraient ignoré cette injustice cruelle frappant un jeune compatriote emprisonné pour rien et n’auraient réalisé, durant toutes ces
années, aucun reportage sur lui ? Voyons, voyons, ce n’est pas crédible.
La mobilisation autour de ce terroriste est une affaire franco-française. Et même une manipulation politique franco-française, visant à ternir l’image d’Israël, à exercer des pressions sur
l’Etat juif. Et qui alimente une tension entre la France et Israël.

Par un actif travail de réseautage, des groupes très actifs ont sensibilisé la
France profonde et des VIP, en s’appuyant sur un front « Rouge/Vert », similaire à
celui de
manifestations de la « rue Arabe » en France lors de l’
Opération Plomb durci, et en présentant un narratif loin de la réalité. Ainsi, lors d’une
interview radiophonique en 2008, Denise Hamouri occulte la vérité : elle allègue
qu’on reproche à son fils son appartenance aux Jeunesses du « Front populaire », tout en dissimulant la moitié si significative du sigle FPLP : Front populaire pour la libération de la
Palestine. Un mouvement au logo éloquent.
Faiblesses de la démocratie

En attirant l’attention sur Salah Hamouri, François Cluzet a mis France 2
dans une situation délicate.
D’une part, la chaîne publique avait été
mise en
demeure le 13 janvier 2009 par le CSA, saisi le 9 janvier 2009 par le
CRIF(Conseil représentatif des institutions juives de
France),

pour avoir présenté le 5 janvier 2009 comme reportage sur les
dégâts de l’Opération Plomb durci des images sur l’explosion d’un dépôt de munitions du Hamas datant de 2005.
D’autre part, aucun journaliste n’apprécie d’avoir été instrumentalisé, et aucun média ne goûte d’être visé par une (nouvelle) saisine du CSA. Les magazines d’informations réfléchiront
vraisemblablement à deux fois avant d’inviter cet acteur, qui sera cependant toujours bienvenu dans les émissions prisant les diatribes anti-israéliennes.

De plus, le parallèle infondé entre
Guilad Shalit, otage du Hamas, et Salah Hamouri aura du mal à être avalisé par des ministres
ou
élus. Ceux-ci vont hésiter à afficher ostensiblement leur
soutien à ce terroriste qui n’a jamais présenté de regret. Notons les
piques du
comité de son comité de soutien contre Bernard Kouchner qui a annulé son rendez-vous avec Annick-Denise Guidoux-Hamouri prévu le 18 novembre 2009. Un dommage collatéral de l’affaire
Cluzet/Hamouri ? Cependant, Jean-Claude Lefort et
Monique
Cerisien ben Guiga, sénatrice socialiste des Français du monde,
ont été
reçus à l’Elysée le 10 novembre 2009 par Nicolas Galey, conseiller à la présidence de la cellule diplomatique en charge du Proche-Orient .
Cette affaire Hamouri révèle une grave confusion des esprits, similaire à celle remarquée lors
d’affaires concernant les extraditions de
Cesare Battisti ou
Marina
Petrella, anciens membres des Brigades rouges et condamnés en Italie pour crimes : soutenir un terroriste visant la destruction de l’Etat juif, démocratie, c’est sidérant !
Cette crédulité ou cette appétence à l’égard de ce qui diffame Israël est grave, pour l’Etat d’Israël et plus généralement pour tous les pays visés aussi par l’islamisme.
En janvier 2010, l’avocat de ce terroriste devrait présenter une nouvelle demande, qui sera appuyée par son Comité de soutien. Et par la France ? Un officiel français dira-t-il enfin que
Salah Hamouri est un terroriste du FPLP, organisation figurant sur la liste des organisations terroristes de l’
Union européenne ?
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