L’affaire du mandat d’arrêt émis et lancé par la Grande-Bretagne contre la présidente de l’opposition, Tzipi Livni, continue à raviver les tensions diplomatiques. Après les informations contradictoires, les unes faisant état d’un mandat d’arrêt, les autres démentant ce qui ne devait être pris que pour une rumeur, il s’est avéré qu’elles rendaient toute la vérité: les autorités britanniques, après avoir effectivement produit ce mandat, l’ont résilié et ont annoncé que l’ex-ministre n’allait pas être inquiétée.
Mais le torchon brûle dans le monde diplomatique des deux pays. Le Premier ministre Netanyahou a pris la défense de la parlementaire et vilipendé les Anglais pour l’absurdité, selon lui, de leur démarche: « Nous considérons l’affaire du mandat d’arrêt comme extrêmement préoccupante. Nous n’accepterons pas une situation dans laquelle Ehoud Olmert, Ehoud Barak, ou Tzipi Livni, se retrouvent sur le banc des accusés. Nous n’accepterons pas que les soldats et les commandants de Tsahal, qui ont défendu avec beaucoup de courage et dans le respect des valeurs morales nos citoyens contre un ennemi cruel et criminel, soient montrés du doigt comme des criminels de guerre. Nous nous opposons catégoriquement à cette absurdité. »
Tom Phillips, l’ambassadeur d’Angleterre, a été convoqué. Netanyahou a donné des directives précises au responsable de la sécurité intérieure, Ouzy Arad, pour qu’il remette à l’ambassadeur un message sans équivoque de la part du gouvernement israélien. Ouzy Arad a eu un entretien avec ce dernier, lui priant de transmettre à son pays l’exigence d’Israël de mettre un terme à ce phénomène immoral, qui tente de porter atteinte au droit d’Israël à la légitime défense.
L’ambassadeur a de plus été convoqué par le ministère des Affaires étrangères, pour un blâme. Naor Guilon, vice directeur général pour les affaires européennes, lui a fait comprendre que tant que ce dossier ne serait pas définitivement réglé, les diplomates israéliens ne pourraient plus se rendre en Grande Bretagne. Il lui a posé une question rhétorique, lui demandant ce qu’auraient ressenti ses concitoyens si des personnalités politiques de leur pays étaient menacées en dehors de leurs frontières.
Par la même occasion, Israël a reproché à l’Angleterre plusieurs de ses démarches hostiles. Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liebermann, a déclaré que la menace dont faisait l’objet Livni faisait partie d’une attitude politique globale: l’initiative de marquer certains produits, en provenance de Judée-Samarie, et l’approbation du rapport Goldstone: « Tout cela ne présage rien de bon, l’Angleterre doit clairement décider la direction qu’elle doit suivre. Nous nous entretiendrons avec tous ceux qui nous représentent en Europe afin de changer les mentalités. »
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a rencontré l’ambassadeur d’Israël en Angleterre, Ron Prosor. Il lui a promis que son gouvernement ferait tout son possible pour que la situation change. Il a souligné l’importance du dialogue entre son pays et les citoyens israéliens, afin d’améliorer les relations stratégiques entre les Etats. Il s’est prononcé pour une rencontre avec Liebermann et Livni.










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