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La plus vieille et plus stable des communautés juives a été sauvée des Chrétiens par la vague déferlante des Musulmans à travers le
Moyen-Orient.
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L’histoire des Juifs de Babylonie a commencé quelque 1 000 ans avant l’époque que nous traitons actuellement, en 434
avant l’ère commune, quand les Babyloniens ont marché pour la première fois sur Israël pendant leur campagne pour s’attribuer les dépouilles de l’empire assyrien. Lors de cette
première incursion, les Babyloniens n’ont pas détruit le Temple, ni envoyé les Juifs en exil. Ils ont réussi en revanche à emmener en captivité une grande partie de l’élite
intellectuelle et spirituelle du Royaume de Juda.
Le Rèch galoutha descendait directement de la Maison du roi David.
Pendant la période du deuxième Temple, et jusqu’à sa destruction en 70, la communauté juive de Babylonie – loin de la
tourmente qui faisait rage en Erets Yisrael – continua de prospérer.
En outre, c’est cette région qui est devenu le centre de l’autorité rabbinique après que Byzance a dissous le Sanhédrin en 363. Le chef de la communauté juive de Babylonie – officiellement reconnu par les autorités perses – était appelé en araméen Rèch galoutha, ce qui correspond à Roch galouth en hébreu, et à « Tête de la Diaspora » (« exilarque ») en français. Le Rèch galoutha descendait directement de la Maison du roi David. Bien qu’il ne fût pas roi en Erets Yisrael même, il était reconnu non seulement comme représentant de la communauté juive en Babylonie mais aussi comme possédant un statut de noblesse. Au cours des 1 500 ans qu’a duré l’histoire de la communauté juive en Babylonie, environ quarante personnes ont détenu ce titre. Ils faisaient tous remonter leur généalogie jusqu’au roi David. C’est une lignée noble qui a toujours été conservée dans l’histoire juive.
LA DYNASTIE DES SASSANIDES
Une des raisons de la stabilité de la communauté juive en Babylonie était que la région était sous la domination de la
dynastie perse des Sassanides depuis le troisième siècle de l’ère commune. Les Sassanides ont réussi à tenir leur royaume hors d’atteinte des Romains puis des Byzantins. (Pour plus
de détails sur les Byzantins, voir chapitre 41.) C’est ainsi que les Juifs de Babylonie ont été protégés des maux que les Chrétiens byzantins infligeaient ailleurs.
LE CALIFE OMAR
Mahomet étant mort en 632 sans successeur, il s’ensuivit une situation de crise et de sécession au sein du monde
musulman naissant. Les candidats pour le califat étaient au nombre de deux : son cousin Ali, mari de Fatima, fille de Mahomet ; et son beau-père et premier converti, Abou Bakr.
Le Calife Omar envahit Jérusalem en 638, en l’arrachant aux Byzantins.
En particulier, le Calife Omar envahit Jérusalem en 638, en l’arrachant aux Byzantins.
On peut voir les restes de maisons byzantines de cette époque dans les excavations archéologiques pratiquées en dessous de l’extrémité sud du Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem. C’est ce quartier, en particulier, qu’Omar a restitué à 70 familles juives après sa conquête. (Jusque-là, les Byzantins avaient interdit à tout Juif de vivre à Jérusalem.) Omar trouva le site du Mont du Temple couvert d’ordures, les Byzantins y ayant délibérément installé une décharge à immondices afin d’humilier les Juifs. Il fit nettoyer l’endroit, et il se peut qu’il ait prié à l’extrémité sud, en direction de La Mecque. Il se pourrait que cela ait été la première fois qu’une mosquée y ait été construite. Il est vrai que les historiens n’en sont pas certains, Ce qui est absolument sûr, en revanche, c’est que Jérusalem, jusqu’à cette époque, n’avait pas de signification particulière pour les Musulmans. Pendant sa vie déjà, Mahomet avait fixé la direction de prière en direction de La Mecque, et le Coran ne mentionne pas une seule fois Jérusalem ! On vit cependant se développer plus tard le récit d’un conte, signalé dans le Coran (Sourate 17), dans lequel Mahomet aurait fait un rêve à propos de Jérusalem. Dans ce rêve, Mahomet chevauchait son cheval volant, El Burak – un coursier au corps de femme et à la queue de paon – jusqu’à « l’endroit le plus éloigné ». « L’endroit le plus éloigné » en arabe est El Aksa. Il y rencontrait Jebril (Gabriel) et montait au ciel pour y séjourner quarante jours et y rencontrer tous les prophètes. Il parla ainsi à Moïse, à Jésus, etc. Les Musulmans décidèrent que l’endroit le plus éloigné (El Aksa) devait être l’extrémité sud du Mont du Temple. Et que le centre du Mont du Temple, où émergeait une pierre énorme, devait être le lieu d’où Mahomet est monté au ciel. En 691, cinquante ans environ après la conquête d’Omar, un souverain omeyyade nommé Abd al-Malik y construisit le Dôme du Rocher, appelé Qubbat as Sakrah. Il s’y trouve encore aujourd’hui et domine l’horizon de Jérusalem. Il est à noter que le Dôme du Rocher n’est pas une mosquée, mais un sanctuaire construit autour de l’énorme rocher considéré par les Juifs comme étant la pierre sur laquelle Abraham déposa Isaac pour y être sacrifié, sur laquelle Jacob a rêvé d’une échelle qui montait jusqu’au ciel, et sur laquelle reposait jadis le Saint des saints. La mosquée – El Aksa – est un bâtiment complètement différent, construit en 701 à l’extrémité du Mont du Temple par le fils d’Abd al-Malik, El Walid. Le Dôme du Rocher n’a pas toujours été couvert d’or comme il l’est aujourd’hui. Il avait été revêtu en 1956 d’une couche d’aluminium anodisé, et le roi Hussein de Jordanie, il y a une dizaine d’années, fit poser une couche de 80 kilos d’or, produit de la vente d’une de ses maisons à Londres. Aujourd’hui, ce site est le troisième lieu saint des Musulmans sunnites et le quatrième des Musulmans chiites, pour lesquels Karbala vient après La Mecque et Médine.
Jérusalem est connue des Musulmans sous le nom de El Quds : « la Sainte ».
Le Mont du Temple est connu des musulmans sous le nom de Haram el Charif : « le Noble Sanctuaire », et
Jérusalem sous celui de El Quds : « la Sainte ».
La prise de Jérusalem a été un coup dur pour les Chrétiens, déjà affaiblis par les coups que leur avaient portés d’autres conquêtes musulmanes à travers le monde. Les Juifs l’ont saluée plus favorablement, désormais soulagés des persécutions chrétiennes. Même si les Musulmans les ont humiliés, ils ne les ont jamais massacrés en masse. De fait, quand Omar vainquit les Perses et reprit la Babylonie, il donna aussitôt sa bénédiction au Reich Galoutha, l’autorisant ainsi à diriger la communauté juive. On raconte qu’il avait tant d’affection pour le Reich Galoutha – Boustenaï ben Haninai – que lorsqu’il décida d’épouser la fille du roi de Perse, il insista pour que Boustenaï prenne pour femme lzdundad, la sœur de la mariée. C’est ainsi que, par une étrange anomalie du destin, le Reich Galoutha est devenu le beau-frère du Calife. (Après la mort de Boustenaï, ses fils nés d’une autre épouse ont contesté la légitimité de ceux que lui avait donnés la princesse perse, prétendant qu’elle ne s’était jamais convertie au judaïsme. Cette assertion était cependant hautement invraisemblable dans le cas d’un Reich Galoutha, dont il est difficile d’imaginer qu’il ait pu épouser une femme non juive et non convertie sans provoquer un scandale et une condamnation publics. De fait, les Gaonim de l’époque ont tranché le litige en ce sens que tous ses enfants étaient des Juifs légitimes.)
LES KARAÏTES
Pendant la longue histoire du judaïsme babylonien, il est arrivé que les pouvoirs duReich Galoutha ont prédominé sur ceux
des Gaonim, et
parfois aussi le contraire. Cela dépendait beaucoup du climat politique et des personnalités impliquées. En règle générale, cependant, la position
du Gaon était déterminée par l’érudition, tandis que celle du Reich
Galoutha l’était par l’idée qu’il se faisait de sa lignée, puisqu’il a toujours été considéré
comme un descendant du roi David.
Les Karaïtes observent Chabbath dans une obscurité totale.
Etant donné leur lecture littérale de la Tora, les Karaïtes en sont venus à observer Chabbath dans une obscurité totale, sans pouvoir
sortir de leurs maisons de toute le journée sauf pour aller à la synagogue. Ils ont abandonné l’observance de ‘Hanouka parce qu’il n’est pas mentionné dans la Tora écrite, ainsi que la
séparation de la viande et du lait, pour la même raison.
On aurait pu penser que cette secte n’aurait qu’une faible influence, et cela a été le cas au début. Mais, au fil des ans, les Karaïtes ont commencé d’attirer ceux parmi les Juifs qui voulaient se défaire de l’autorité des rabbins ; cela leur a valu un énorme succès. Jusqu’à ce qu’est entré en scène un grand Sage, Sa‘adia Gaon.
SA‘ADIA GAON
Sa‘adia Gaon est célèbre pour ses ouvrages, en particulier le Livre des Croyances et Opinions, et pour ses virulentes
critiques prononcées contre les Karaïtes. |
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