Suite ....
Un premier PDF, était sorti en 2007 > .PDF en Français
Les grandes questions du processus de paix israélo-palestinien :
l'approche du Gouvernement Israélien
publié en français par le ministère israélien des affaires étrangères le 14 janvier 2010
Titre original en Français : Israël, le conflit et la paix : foire aux questions sur le conflit israélo-palestinien Le processus de paix israélo-palestinien – décembre 2009
Première partie :
IV - Les localités juives des Territoires
Le contrôle d’Israël sur les territoires a été la conséquence directe d’une guerre
d’auto-défense répondant la menace qui pesait sur l’existence d’Israël
La Cisjordanie est-elle un territoire “occupé” ou “contesté” ?
Le contrôle de la Cisjordanie est passé sous autorité israélienne en 1967 à la suite d’une guerre
d’autodéfense. Pendant les quelque vingt-cinq années qui suivirent cette guerre, les Palestiniens rejetèrent toute proposition israélienne et ratèrent toutes les occasions qui leur étaient
offertes de résoudre pacifiquement le conflit par la négociation.
Il ne faut pas oublier que le contrôle d’Israël sur ces territoires a été la conséquence d’une guerre
d’autodéfense répondant à la menace qui pesait sur l’existence même du pays. Ce contrôle s’est poursuivi à cause de l’intransigeance des voisins arabes d’Israël qui ont systématiquement rejeté
toutes les offres de paix proposées par Israël, y compris le message qui leur fut adressé après la guerre de Six-Jours et qui proposait un échange de territoire contre la paix. En 1979 l’Egypte
et en 1994 la Jordanie ont conclu des traités de paix avec Israël. Ce n’est pas le cas des Palestiniens. Aussi longtemps que le statut futur de la Cisjordanie est sujet à négociation, la
définition israélienne de territoire contesté est aussi appropriée que celle des Palestiniens de “territoire occupé”.
Ce territoire a été le berceau de la civilisation juive à l’époque biblique, et des communautés juives
y vécurent pendant des millénaires. L’Etat moderne d’Israël est profondément attaché aux nombreux sites historiques situés en Cisjordanie. Mais les revendications israéliennes sur ce territoire
ne se fondent pas uniquement sur des liens historiques, sur des convictions religieuses et sur des exigences de sécurité, elles sont aussi fermement ancrées dans le droit
international.
La présence israélienne dans ces territoires est souvent taxée d’”occupation.” Mais, selon le droit
international, l’occupation ne peut concerner que des territoires conquis sur une entité souveraine. Or, la dernière entité souveraine en Cisjordanie et à Gaza fut l’Empire ottoman qui cessa
d’exister après la Première Guerre mondiale. La Jordanie et l’Egypte s’emparèrent respectivement du contrôle de la Cisjordanie et de la bande de Gaza après la guerre d’agression de 1948 qui avait
pour visée de détruire le tout nouvel Etat juif. Leurs agressions avaient été menées en violation de la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU (le plan de partition de 1947). De sorte
que le contrôle exercé par les Egyptiens et les Jordaniens sur ces territoires ne fut jamais ratifié par la communauté internationale. Ajoutons qu’il n’a jamais existé d’Etat palestinien
souverain, ni en Cisjordanie, ni ailleurs.
La Cisjordanie n’ayant été assujettie à aucune entité souveraine, cette zone ne peut être considérée en
droit international comme un territoire arabe ou palestinien “occupé”, et la seule définition pertinente qui puisse lui être donnée est celle de territoire contesté.
Ce qui n’empêche pas les porte-paroles palestiniens de proclamer que ce territoire est occupé et
d’alléguer que cette occupation est juridiquement illégale. En fait, le droit international ne prohibe pas les situations d’occupation. Il tente de les solutionner à l’aide de conventions et
d’accords internationaux. Il s’ensuit que les prétentions palestiniennes à l’illégalité de la prétendue occupation israélienne – sans que soient pris en compte les causes et les facteurs qui ont
prolongé cette occupation – sont infondées en droit international.
Les tentatives palestiniennes de prendre pour prétexte la présence israélienne dans les territoires
comme cause première du conflit réfutent les réalités historiques. Le terrorisme palestinien a précédé l’établissement de l’Etat d’Israël et la prise de contrôle d’Israël sur ces territoires.
L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a été fondée en 1964, soit trois ans avant le début de la présence israélienne dans ces territoires. Qui plus est, le terrorisme palestinien
s’est manifesté dans toute son ampleur précisément durant les périodes où une solution négociée semblait imminente, que ce fut lors du processus d’Oslo dans les années 90 ou après les offres sans
précédent faites par Israël aux Palestiniens à Camp David et à Taba en l’an 2000, année qui vit le début de la Seconde intifada.
Il ressort que la Cisjordanie gagnerait à être tenue pour un territoire contesté, faisant l’objet de
revendications adverses qui doivent être réglées par des négociations de paix. Le statut final de ces territoires devra être fixé par les parties. Les tentatives d’imposer une solution à l’aide
d’attentats terroristes sont moralement indéfendables et ne servent qu’à provoquer plus de violences et de terrorisme. Israël souhaite la reprise des négociations avec ses voisins palestiniens et
la signature d’un traité permanent satisfaisant de façon équitable les aspirations des deux parties.
Pourquoi exige-t-on le retrait d’Israël sur les frontières de 1967 ?
Tandis qu’Israël a ouvertement proclamé sa volonté de compromis lors de pourparlers de paix, d’autres
insistent sur la cessation totale et définitive de la présence juive en Cisjordanie (après le retrait délibéré de la bande de Gaza par Israël) en vue d’un retour inepte aux lignes de
cessez-le-feu de 1948 restées en vigueur jusqu’à la veille de la guerre de Six-Jours.
Dans les accords signés par Israël et les Palestiniens, il n’a jamais été fait mention de dispositions
concernant le redéploiement d’Israël sur les frontières de 1967 (la “Ligne verte”). La pertinence de ce tracé ne se justifie par aucun impératif géographique. Aucune logique ne peut justifier
cette frontière improbable qui n’a subsisté que pendant moins de 19 ans.
Au 4 juin 1967, veille du déclenchement de la guerre de Six-Jours, les confins de la Cisjordanie
n’étaient basés ni sur des faits historiques, ni sur le relief géographique, ni sur des considérations démographiques, ni sur des accords internationaux. Elles étaient tout simplement conformes
aux lignes d’armistice fixées sur la base de positions militaires installées sur le terrain après la guerre d’Indépendance d’Israël, en 1948. En conséquence, l’accord d’armistice de 1949 évita
explicitement de les considérer comme définitives. En fait, ces lignes ne font que refléter les positions respectives des armées jordanienne, irakienne et israélienne à la fin de la guerre de
1948.
Quelques mois après la guerre de Six-jours, la communauté internationale ratifia la résolution 242 du
Conseil de sécurité, qui fut déterminante pour le conflit israélo-palestinien. Cette résolution reconnaissait formellement la problèmatique posée par les lignes de 1967 qui laissaient à Israël
une sorte de goulet large d’à peine 14 km, et confirmait la nécessité pour Israël de “frontières sûres et reconnues”. Le Conseil de sécurité écarta explicitement la requête présentée par les pays
arabes d’un texte exigeant d’Israël la restitution complète des territoires acquis au cours de la guerre de 1967 et se contenta de faire appel “au retrait de territoires occupés lors du récent
conflit” et non de tous les territoires, ni même des territoires.
Les pourparlers de paix qui suivirent proposaient des solutions de compromis sur les frontières entre
Israël et le futur Etat palestinien. Même le regretté Premier ministre Yitzhak Rabin, lauréat du Prix Nobel de la paix, déclara dans son dernier discours à la Knesset avant son assassinat en
1995, qu’Israël “ne retournerait pas sur ses confins du 4 juin 1967.”
Cette position reflète à la fois les changements advenus sur le terrain au cours des quatre dernières
décennies et la nature problèmatique du tracé originel des frontières. De grandes villes israéliennes sont situées dans des zones de peuplement proches des lignes de 1967. La déportation forcée
de leurs habitants serait un pis-aller, alors que le tracé de ces lignes peut être aisément rationalisé et modifié. La population israélienne s’opposera au démantèlement des localités juives et
le gouvernement israélien éprouverait des difficultés insurmontables.
Les Israéliens sont particulièrement attachés à cette partie de la Terre d’Israël. Des juifs y ont vécu
pendant des siècles, jusqu’à ce qu’ils en fussent chassés en 1948 par des méthodes de nettoyage ethnique. De nombreux sites d’importance religieuse et historique pour le peuple juif sont
concentrés en Cisjordanie, notamment le Tombeau des Patriarches à Hébron où la tradition place les sépultures d’Abraham et Sarah, Isaac et Rebecca, Jacob et Léa.
Tout processus de paix rationnel et réaliste doit prendre en compte la présence juive en Cisjordanie.
Pour l'heure, toutes les négociations menées en faveur de la solution “Deux Etats pour deux peuples” ont été fondées sur cette prémisse. L’accord final devra refléter les réalités actuelles de
Cisjordanie et exigera des concessions de la part des deux parties.
Les localités juives des Territoires sont-elles un obstacle à la paix ?
Pendant trop longtemps a été avancé – et répété ad nauseam – l’argument selon lequel la présence juive
en Cisjordanie et à Gaza (y compris après l’évacuation) constitue le principal obstacle à la conclusion d’un accord de paix. Cette approche fallacieuse qui ne tient aucun compte de la
responsabilité palestinienne, ignore également l’histoire du conflit. Elle passe outre délibérément aux attaques contre des civils et aux guerres qui sévirent des décennies avant qu’un seul
soldat israélien n’ait mis les pieds en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Elle oblitère les vagues de terrorisme et les barrages de missiles qui ont suivi chacun des retraits israéliens de
territoires contestés. Elle ignore enfin les milliers d’années de présence juive en Terre d’Israël, patrie historique du peuple juif.
Le droit des juifs de se réinstaller partout en Terre d’Israël a été attesté pour la première fois par
la communauté internationale au moment du mandat sur la Palestine proclamé par la Société des Nations. Ce mandat avait pour visée de favoriser l’établissement d’un foyer national juif dans la
patrie historique du peuple juif. Ainsi, l’article 6 du Mandat prévoyait l’installation de juifs sur la terre, y compris sur des terres domaniales non requises pour des besoins
publics.
Pendant plus d’un millénaire, la seule fois où l’installation de juifs fut proscrite en Cisjordanie fut
décrétée lorsque cette zone se trouva sous occupation jordanienne (1948-1967) suite à une invasion armée. Durant cette période la présence juive en Cisjordanie et à Gaza fut éliminée et la vente
de terres à des juifs déclarée crime capital. Cette disposition outrancière ne peut invalider le droit des juifs à construire leur maison dans ces régions, et en conséquence, les titres de
propriété acquis par des juifs dans ces zones demeurent d’une indéniable validité.
Les localités juives constituent-elles une violation du droit international et des accords signés par
Israël et les Palestiniens ?
Les Palestiniens proclament à l’envi que l’installation de juifs dans les Territoires est illégale, et
exigent des Israéliens qu’ils démantèlent les localités juives. En fait, ils exigent que tous les juifs quittent la Cisjordanie, une sorte de nettoyage ethnique en somme, alors qu’en Israël les
citoyens juifs et arabes vivent côte à côte, et les Arabes israéliens, qui constituent quelque 20 % de la population israélienne, sont des citoyens de plein droit de l’Etat
d’Israël.
Cette exigence palestinienne d’évacuer tous les habitants juifs des territoires contestés de
Cisjordanie n’est pas seulement discriminatoire et moralement condamnable, elle n’a aucun fondement dans les accords israélo-palestiniens. Il s’agit de tentatives de dénaturer ce dossier à des
fins politiques. Les divers accords passés entre Israéliens et Palestiniens depuis 1993 prévoient explicitement que la question des localités juives sera envisagée lors de négociations sur le
statut permanent qui se dérouleront à la fin des pourparlers de paix. Les parties se sont expressement entendues sur le fait que l’Autorité palestinienne ne détient ni la juridiction, ni le
contrôle sur les localités juives, en attendant la signature d’un accord définitif.
Les accusations selon lesquelles les dispositions de l’Accord intérimaire israélo-palestinien
interdiraient toute mesure unilatérale venant altérer le statut de la Cisjordanie, en l’occurrence l’interdiction de toute activité de peuplement juif, sont irrecevables. Cette interdiction
portant sur des mesures unilatérales a été prononcée pour garantir qu’aucune des parties ne s’avise d’altérer le statut juridique de ce territoire (notamment une annexion ou une déclaration
unilatérale de création d’un Etat), en attendant l’obtention d’un statut permanent. En réalité, la construction de logements n’exerce aucun effet néfaste sur le statut permanent futur de cette
zone. Si cette interdiction avait porté sur la construction de logements, elle se serait traduite par une interprétation absurde, et l’édification par les deux parties (arabe et juive) de tous
les logements, écoles ou lieux de culte au profit des communautés respectives aurait été également prohibée.
Autres accusations : celles alléguant que les localités juives suscitent le déplacement des habitants
arabes des territoires. En réalité, ces localités n’ont jamais eu pour intention de déplacer des habitants et n’ont jamais provoqué leur exode. La population palestinienne de Cisjordanie continue
de croître à un rythme supérieur à celui de la population israélienne de ce territoire. Signalons également que selon des enquêtes indépendantes, les zones construites des localités juives (non
compris les routes, chemins vicinaux et zones non peuplées) n’occupent que quelque 3 % de la superficie totale de la Cisjordanie.
Les détracteurs d’Israël prétendent également que les localités juives ont été érigées en violation du
droit international, à deux titres : en premier lieu parce que la Cisjordanie est considérée comme un “territoire occupé” et en second lieu parce qu’un pays n’a pas le droit de déporter ou de
transférer une partie de sa population civile dans un territoire qu’il occupe. Ces allégations ne reposent sur aucun bien-fondé juridique, d’une part parce qu’historiquement le territoire
contesté de Cisjordanie n’a jamais été souverain et ne peut donc être tenu pour “occupé”, d’autre part parce que les habitants juifs de Cisjordanie n’ont ni été déportés ni transférés dans ce
territoire, mais ont librement choisi d’y résider.
Pour Israël, la revendication de ce territoire étant juridiquement fondée, il est donc légitime que des
Israéliens y érigent leurs localités, au même titre que les Palestiniens les leurs. Néanmoins, désireux de faire des concessions pour promouvoir la paix, les gouvernements israéliens successifs
ont fait état de leur volonté de négocier sur ce point, et ont opté récemment pour le gel de la construction de nouvelles localités de peuplement.
Ainsi, en novembre 2009, afin d’encourager les Palestiniens à accepter de faire retour à la table de
négociations, le gouvernement israélien a proclamé un moratoire de 10 mois sur la construction de nouveaux projets résidentiels et sur tous les permis de construire dans les localités juives de
Cisjordanie. Malheureusement, cette mesure conciliatrice a été rejetée par les Palestiniens avant même sa publication officielle.
L’exigence palestinienne de gel total et permanent des activités de construction menées dans les
localités juives des Territoires justifie-t-elle le refus de négocier ?
Depuis avril 2009 les pourparlers israélo-palestiniens n’ont pas été renouvelés suite au refus
palestinien de faire retour à la table de négociations après les élections israéliennes. En dépit du fait que depuis le début du processus de paix entamé dans les années 90, aucune des parties
n’a posé de conditions préalables à des négociations, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a unilatéralement décidé que le processus de paix serait ajourné tant qu’Israël
refusera d’accepter la cessation totale de toute activité de peuplement en Cisjordanie et de construction juive à Jérusalem-Est.
Ce changement d’attitude est d’autant plus déconcertant que tous les accords signés par l’Autorité
palestinienne et Israël mentionnent que la question des localités juives sera évoquée au cours de la phase finale des négociations, et ne constituera pas une condition préalable aux pourparlers
de paix.
Il va de soi qu’Israël ne peut souscrire à ces conditions préalables unilatérales conditionnant
l’assentiment des Palestiniens à toute négociation future, en particulier pour ce qui concerne Jérusalem, la capitale d’Israël. Certes, Israël pourrait en faire autant et exiger le consentement
préalable des Palestiniens sur des points essentiels avant toute reprise des pourparlers. Mais pour que ces derniers progressent, les deux parties doivent en priorité retourner à la table de
négociations sans dresser de nouveaux obstacles sur la voie de la paix.
Malgré ces nouvelles exigences palestiniennes, et afin d’encourager les Palestiniens à retourner à la
table de négociations, le gouvernement israélien a, le 25 novembre 2009, proclamé un moratoire de 10 mois sur la construction de nouveaux projets résidentiels et sur la délivrance de permis de
construire dans les localités juives de Cisjordanie. Ce geste de bonne volonté sans précédent a été rejeté d’emblée par les Palestiniens, avant même sa publication
officielle.
La volonté d’Israël de témoigner de retenue à propos des localités juives n’est pas nouvelle. Avant
même ce moratoire, Israël avait adopté pour politique de ne pas construire de nouvelles localités ni d’exproprier des terrains supplémentaires au profit des localités existantes, afin de
n’apporter aucun changement à la topographie des lieux. La construction à l’intérieur des localités – d’écoles, de synagogues, de dispensaires participant de la vie quotidienne des habitants – ne
change rien aux réalités de terrain ni ne préjuge de l’avenir de ces localités le jour où les parties au conflit parviendront à un accord final de paix.
A ces considérations vient s’ajouter le fait qu’Israël a déjà démantelé des localités juives, chose
qui, au lieu de se traduire par des progrès, a débouché sur une détérioration supplémentaire des relations avec les Palestiniens. Ce fut le cas en 2005 lorsqu’Israël fit unilatéralement une
concession majeure aux Palestiniens avec le retrait complet de Gaza. Les 21 localités juives de la bande de Gaza et quatre autres de Cisjordanie furent totalement évacuées de leurs habitants et
démantelées dans l’espoir de promouvoir la paix. En échange de ce sacrifice, Israël a eu droit à des barrages de milliers de roquettes palestiniennes lancées contre les villes et localités du sud
d’Israël.
Au vu des réalités de terrain, de l’existence de grandes agglomérations urbaines juives en
Cisjordanie, s’attendre à ce qu’Israël acquiesce aux exigences palestiniennes préalables à toute reprise des négociations n’est pas réaliste. Israël exhorte les Palestiniens à des négociations
loyales pour parvenir à un accord de paix satisfaisant les deux parties au conflit.
V - Jérusalem
Si Jérusalem est une ville sainte pour les trois religions monothéistes, elle est aussi
la capitale éternelle de l’Etat d’Israël.
Quel est le statut de Jérusalem ?
Jérusalem est une ville sainte pour les trois religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et
l’islam. C’est cette spécificité qui donne toute l’importance à cette ville. Israël reconnaît et garantit la liberté de culte de tous les fidèles et assure la protection des nombreux lieux de
culte de la ville – comme elle le fait pour les autres sites religieux du pays.
Au statut spécial de Jérusalem en matière religieuse vient s’associer le fait que la ville est
également la capitale éternelle de l’Etat d’Israël.
Aucun peuple autre que le peuple juif n’a jamais fait de Jérusalem sa capitale, et si la ville revêt
une importance particulière pour les fidèles d’autres religions, le judaïsme est la seule religion à avoir placé Jérusalem au cœur de sa foi.
Jérusalem est “le corps et l’âme” de l’identité spirituelle du peuple juif et de ses aspirations
nationales. Les juifs constituaient une nation indépendante en Terre d’Israël où le roi David fit de Jérusalem la capitale de son royaume en 1004 avant l’ère chrétienne. Elle le resta jusqu’à sa
destruction par Rome en l’an 70 de l’ère chrétienne qui se solda par la perte de l’indépendance juive.
Cette indépendance fut restaurée en 1948 avec l’établissement de l’Etat d’Israël. Peu après, la Knesset
(le parlement israélien) statua que Jérusalem serait la capitale du nouvel Etat d’Israël en dépit du fait que certains quartiers orientaux de la ville se trouvaient, depuis la guerre de 1948,
placés sous autorité jordanienne. Suite à cette décision, les ministères et institutions publiques furent localisés à Jérusalem, y compris la résidence du président de l’Etat, la présidence du
Conseil, la Knesset et la Cour Suprême. La ville fut réunifiée en 1967 après la guerre de Six-Jours qui mit fin à la division de la ville. En 1980, la Knesset vota une Loi fondamentale faisant de
Jérusalem la capitale d’Israël.
La capitale de l’Etat d’Israël est unifiée, le gouvernement israélien ne fait aucune distinction
entre les différents quartiers de la ville. Tous ses habitants sont libres de résider partout dans la ville, quelles que soient leur religion ou leur appartenance ethnique. Au même titre que
les habitants arabes peuvent résider dans des quartiers à prédominance juive, les juifs sont libres de choisir leur lieu de résidence. Les requêtes prônant l’interdiction aux juifs de vivre
dans certains quartiers de la ville sont infondées, comme elles le seraient si elles portaient sur des quartiers particuliers de Paris, Londres, Moscou ou New York.
VI - Les réfugiés palestiniens
Le fait que les Palestiniens revendiquent simultanément l’établissement de leur Etat-nation et
exigent le droit d’immigrer librement dans un autre Etat est inadmissible.
Le “droit au retour” des Palestiniens est-il justifiable ?
Parallèlement à leur désir d’établir leur propre Etat, les Palestiniens revendiquent le “droit au
retour” des descendants de réfugiés palestiniens, prétendûment “chassés” du territoire israélien qui précéda la guerre de Six-Jours. Cette revendication est inadmissible, car les Palestiniens ne
peuvent simultanément réclamer l’établissement d’un Etat-nation et revendiquer le droit d’immigrer librement dans un autre Etat. Ce droit n’est pas davantage prévu par la législation
internationale et n’a jamais été invoqué ni par les résolutions de l’ONU, ni par les accords passés entre Israël et ses voisins arabes.
Dans les conditions actuelles, l’afflux en Israël d’un grand nombre de descendants de réfugiés n’est
pas une option viable. La population israélienne s’élèvant à quelque 7 millions d’habitants, dont un cinquième sont des Arabes de nationalité israélienne, l’afflux de millions de réfugiés
Palestiniens remettrait en question l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif et oblitérerait son identité fondamentale de patrie du peuple juif et de refuge pour les juifs persécutés à
l’étranger. Il s’ensuit que cette exigence n’est qu’un euphémisme exploité pour dissimuler la volonté d’anéantir l’Etat juif sur le plan démographique.
Le processus de paix doit en conséquence déboucher sur le concept de deux Etats-nations pour deux
peuples, comme l’avait envisagé dès l’abord le plan de partition de l’ONU en 1947. En continuant de revendiquer un “droit au retour” qui aurait pour effet de nier l’identité fondamentale de
l’Etat d’Israël, les dirigeants palestiniens ne font que saper le processus de paix.
Irrésolu depuis plus de 60 ans, le problème des réfugiés palestiniens a provoqué souffrances et
instabilité dans toute la région. Parallèlement aux aspects sociaux et humanitaiers de ce problème, il est important d’examiner les raisons pour lesquelles il perdure depuis six
décennies.
Israël n’est pas coupable de la création ou de la perpétuation du problème des réfugiés palestiniens,
donc ne peut assumer une responsabilité qui n’est pas la sienne.
La principale cause de ce problème a été le rejet par les Arabes en 1947 de la résolution 181 votée par
l’Assemblée générale de l’ONU qui préconisait la partition du territoire du Mandat britannique en deux Etats, un juif et un arabe. La guerre qui suivit fut initiée par les Arabes dans l’espoir de
détruire Israël. De nombreux Palestiniens qui vivaient dans des lieux où les combats faisaient rage abandonnèrent leurs maisons, soit sur incitation de leurs dirigeants, soit par peur des
hostilités, soit par crainte d’être assujettis à un régime juif. Le problème des réfugiés ne se serait jamais posé si cette guerre n’avait pas été imposée par les Arabes et par le leadership
local palestinien.
A l’époque, Israël ne faisait pas exception puisque d’innombrables réfugiés du monde entier fuyaient
les hostilités qui sévissaient dans de nombreux pays au monde. Quasiment tous finirent par se réinstaller et par s’intégrer. Les seuls qui n’y parvinrent pas sont les Palestiniens, pour la simple
raison qu’ils furent manipulés et maintenus en l’état à des fins politiques.
Les pays arabes – Jordanie exceptée – ont délibérément pérennisé le problème des réfugiés palestiniens
en l’utilisant comme arme dans leur lutte contre Israël. Les réfugiés sont restés confinés dans des camps surpeuplés, dans la pauvreté et le désespoir. Fort peu de tentatives de les intégrer ont
été faites par les nombreux pays arabes de la région. Ces réfugiés, leurs enfants, leurs petits-enfants et leurs arrière-petits-enfants vivent toujours dans ces pays où ils ne jouissent d’aucun
droit politique, économique ou social. Cette politique a été délibérément poursuivie pour rallier la sympathie de la communauté internationale à leur cause, au détriment des réfugiés
mêmes.
Soumise aux pressions diplomatiques arabes, la communauté internationale a été contrainte d’apporter
son eau au moulin du problème des réfugiés palestiniens. Elle s’est gardée d’investir des efforts pour réinstaller les réfugiés palestiniens comme elle l’a fait dans l’exercice de ses fonctions
pour les réfugiés originaires d’autres pays. Le Haut-Commissaire aux réfugiés de l’ONU qui est chargé de trouver des solutions de logement permanentes pour toutes les populations de réfugiés dans
le monde, ne remplit pas ce rôle à l’endroit des Palestiniens. Il a délégué ses fonctions à l’UNWRA (sigle de United Nations Relief and Works Agency) dont les interventions se limitent à
maintenir et à soutenir dans leurs camps les Palestiniens, sans tentative réelle de les réhabiliter.
La communauté internationale a donc cédé aux exigences politiques des régimes arabes en donnant aux
réfugiés palestiniens une définition différente de celle attribuée par les organisations internationales, et qui ne mentionne pas les descendants directs des réfugiés (cf. la définition inscrite
dans la Convention de l’ONU de 1951 relative au statut des réfugiés et le Protocole de 1967 sur ce registre). Cette exception réservée exclusivement aux réfugiés palestiniens implique donc que
toutes les générations issues des premiers réfugiés palestiniens entrent dans la catégorie de réfugiés. Ce qui signifie que la grande majorité des réfugiés palestiniens qui revendiquent le droit
d’immigrer en Israël n’ont en réalité jamais vécu en territoire israélien. Qui plus est, cette exception inclue tout Arabe ayant résidé pendant une période de deux ans avant son départ –
autrement dit, des dizaines de milliers de travailleurs temporaires attirés en Palestine (qui précéda l’établissement de l’Etat d’Israël) par la croissance économique des zones peuplées de juifs.
Ces dérogations ont grossi de façon drastique les rangs des réfugiés palestiniens et les ont accru de quelques milliers à plusieurs millions.
Le sort réservé aux réfugiés palestiniens diffère totalement de celui des Juifs – beaucoup plus
nombreux – qui furent contraints après l’établissement de l’Etat d’Israël de s’enfuir de pays arabes et d’y abandonner leurs biens et leurs propriétés. Malgré les difficultés de l’époque, des
centaines de milliers de réfugiés juifs ont été intégrés en tant que citoyens à part entière par un Etat d’Israël naissant et démuni de ressources.
VII - La solution de l’Etat binational
La solution la plus logique du conflit israélo-palestinien réside dans l’établissement de
deux Etats-nations... Un Etat binational serait une recette désastreuse.
La solution “un Etat pour deux peuples” est-elle équitable ?
La solution la plus logique du conflit israélo-palestinien réside dans l’établissement de deux
Etats-nation : un Etat juif et un Etat palestinien qui satisferaient les aspirations nationales respectives des Israéliens comme des Palestiniens. Un Etat binational ne résoudrait pas le conflit,
au contraire, il se traduirait par davantage de discordes et d’affrontements.
Prôner la solution d’un seul Etat équivaut à prôner la destruction de l’Etat d’Israël, la seule patrie
du peuple juif au monde. Sa longue et tragique histoire a enseigné au peuple juif l’impératif de posséder son propre Etat-nation. La Shoah du siècle dernier qui a exterminé un tiers du peuple
juif est venue conforter plus encore cette nécessité. Si le seul Etat juif au monde disparaissait de la carte, ce serait la fin des aspirations du peuple juif de vivre, comme le font les autres
peuples, libres dans leur pays, maîtres de leur destinée, en harmonie avec leurs croyances, leurs coutumes et leurs valeurs. La solution d’un Etat binational est essentiellement préconisée par
ceux qui souhaitent la disparition de l’Etat juif, ceux dont la haine pour Israël dépasse de loin leur soutien à la cause palestinienne.
Ajoutons qu’outre la disparition d’Israël qui serait une catastrophe pour le peuple juif, cette
solution d’un Etat unique sonnerait le glas des aspirations nationales palestiniennes. Si un tel Etat binational était créé, les aspirations nationales palestiniennes ne seraient satisfaites
qu’en s’emparant du contrôle de la nouvelle entité.
La solution de l’Etat binational est en conséquence une recette aux conséquences potentielles
désastreuses.
Outre ces difficultés, il faut mentionner également que les Juifs et les Arabes ne partagent ni passé
historique commun, ni langue, religion, culture et valeurs communes susceptibles de servir de ciment à un Etat binational.
Le monde arabe n’a jamais fait preuve de grandes réussites en matière de pluri-ethnicité – il suffit
pour s’en convaincre de se pencher sur l’histoire accablante du conflit inter-ethnique au Liban, en dépit du fait que les parties adverses de ce pays ont beaucoup plus de particularités communes
que les Juifs et les Arabes.
Ayant récemment été confrontée dans les Balkans aux effusions de sang entre ethnies, la communauté
internationale aura compris que ce genre de coexistence artificiellement imposée ne mène qu’à la guerre civile et aux violences.
Derniers Commentaires