Mercredi 4 novembre 2009
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par Rav Meir Hazan
http://www.universtorah.com/ns2_dossier-753-les-ba-ale-hatossefote.htm
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Les Tossafote qui
signifie Ajouts, complémentspour désigner les maîtres issus de la prestigieuse école française des Tossafistes fondée par les petits fils de Rachi
(1040-1105),Rabbénou Tam et leRachbam.
Ainsi sont désignés les recueils de
commentaires sur les traités du Talmud et de la Tora écrite, agencés selon un ordre original, qui fait commencer chaque commentaire par le commentaire des maîtres plus anciens,
principalement Rachi.
La conception des Tossafote est liée, à
l’origine, à la méthode d’étude caractérisant les écoles françaises et allemandes du XIIème au XIVème siècle. L’origine de cette production s’enracine dans la
génération des disciples de Rachi et leurs descendants qui s’engagèrent dans l’entreprise d’approfondir et d’étendre les commentaires talmudiques du maître en posant ainsi les
fondations de ce qui deviendra le propre des écoles talmudiques qu’ils dirigèrent.
Le commentaire original de Rachi se
présente de manière concise, comme une adaptation littéraire de la tradition de l’étude de la loi orale prévalant en France et en Allemagne à son époque.
Ceux qui étudièrentavec lui purent parvenir à une
compréhension harmonieuse et profonde du Talmud. En interrogeant les affirmations de Rachi, sur la base des discussions talmudiques ou d’autres textes, les Tossafistes élaborèrent
une forme systématique d’explications et d’inductions fondées sur la mise en relation des différences entre un exemple et un autre ou une source et une autre. Ils conçurent de la
sorte un nouveau système de déductions et de conclusions qui devenaient à leur tour objet de discussion, réfutées ou réaffirmées par les Tossafote ultérieures.
Ce vaste ensemble d’écrits fut produit
dans les Yéchivote et rendu sous forme de discussions animées entre les maîtres et les disciples, d’où émergèrent des points de vue souvent divergents de ceux de
Rachi.
Les Tossafistes saisirent toutes les occasions
de citer de nouvelles opinions et de les comparer avec leurs traditions, en même temps que leur parvenaient de nouvelles versions du Talmud, issues de la tradition babylonienne et
nord-africaine. Un autre phénomène qui leur ouvrait également des perspectives quasi illimitées d’interprétations, fut celui de l’étude du Talmud de Jérusalem.
L’école des Tossafistescommença avec les deux
gendres de Rachi, Rabbi Méïr Bèn Chmouèl et Rabbi Yéhouda Bèn Nathan, et le plus illustre d’entre eux fut le fils de Rabbi Meïr, Rabbénou
Tam.
Le mouvement se développa rapidement et il
devint un courant dominant qui modela l’enseignement des siècles ultérieurs depuis la France et l’Allemagne (y compris la Provence) jusqu’à l’Espagne à partir de l’époque du
Rambane. C’est surtout Rabbénou Tam qui marqua l’achèvement parfait des Tossafote pour les générations à venir.
Le premier Tossafiste allemand fut Rabbi
Its’hak Bèn Achèr Halévi qui avait étudié sous l’égide de Rachi à Troyes et qui ouvrit une Yéchiva à Spire.
C’est l’une des raisons pour laquelle il
n’existe aucune différence dite d’école entre les enseignements français et allemands de cette période, d’où une généalogie difficile à établir.
Les commentaires des Tossefote furent
transcrites par les disciples qui ne sont pas tous identifiables, les notes et contenu des discussions Halakhiques ajouté aux arguments et commentaires soutenus, circulaient de
Yéchiva en Yéchiva, chaque fois bénéficiant d’ajouts, ne laissant jamais l’enseignement initial intact.
Malgré la grande originalité des
Tossafistes, il est impossible de dégager un style individuel.
Parmi les ouvrages complets on trouve :
-le Séfèr Mitsvote Katane de Rabbi Its’hak de Corbeil surnommé le Smak,
- le Séfer Yéréïm de Rabbi Eli’ézèr de Metz,
- le Séfèr Mitsvote Gadol de Rabbi Moché Bèn Ya’akov de Coucy surnommé le Smag,
- le Séfèr Hatérouma de Rabbi Baroukh de Worms
- Le Séfèr Harokéa’h de Rabbi El’azar Bèn Yéhouda de Worms.
La plus importante collection est celle des
Tossefote de Sens, rédigées par Rabbi Chimchone de Sens qui laissa un héritage littéraire plus important que les autres, que les érudits allemands désignent comme les les
Tossefote françaises que l’on distingue des Tossefote allemandes. Les premières sont identifiables par l’abondance de références à la Guématria, utilisée
comme principe d’exégèse.
En Espagne, la méthode Tossafiste fut
introduite par Rabbénou Yona Gérondi et le Rambane.
Elle est ensuite intégrée à l’enseignement
traditionnel parRabbénou Achèr Bèn Yé’hièl (le Roch) qui dut fuir l’Allemagne pour la péninsule Ibérique.
L’apport des Tossafistes est considérable dans
la méthode et le contenu, désormais le texte des Tossefote occupe systématiquement la marge extérieure du texte de la Guémara, et le commentaire de Rachi occupe la marge
intérieure
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Par Israel Boccara
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Publié dans : LE SAVIEZ-VOUS ?
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