Partager l'article ! Menace iranienne : l'heure de vérité approche: Menace iranienne : l'heure de vérité approche Par GIL HOFFMAN 09.02.1 ...

Les organisateurs de la conférence d'Herzliya peuvent se vanter d'avoir fait la une des journaux, la semaine dernière. Notamment lors de l'apparition du Premier ministre de l'Autorité palestinienne (AP), Salam Fayyad, et du ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, côte à côte sur l'estrade. Pourtant, la plus grande surprise de cette rencontre ne relève pas de ce qui a été dit mais plutôt de ce qui n'a pas été dit. Alors que des dizaines d'experts venus du monde entier ont parlé ad nauseam de la menace iranienne, le Premier ministre Binyamin Netanyahou n'y a pas fait allusion une seule fois.
Le Conseil de sécurité de l’ONU : passé sous présidence française, il risque enfin de voter
des sanctions contre l’Iran.
PHOTO: BLOOMBERG , JPOST
Selon le bureau du Premier ministre, Netanyahou a suffisamment évoqué la menace iranienne lors de la visite de son homologue italien, Silvio Berlusconi. D'autres estiment qu'il a simplement voulu prendre ses distances avec une manifestation traditionnellement associée à Kadima.
Mais la véritable raison de cette omission est peut-être que les
mesures de ralentissement du programme nucléaire iranien commencent enfin à porter leurs fruits. Par conséquent, il n'y avait aucun besoin d'aborder ce sujet sur une scène d'où
nombre de Premiers ministres ont délivré des discours historiques. Dans la presse, en revanche, les projets de la République islamique continuent d'occuper une place de choix.
Jeudi 4 février, le directeur de la CIA, Léon Panetta, s'est rendu secrètement en Israël afin d'aborder la menace iranienne avec Netanyahou. Une visite qui s'est vraisemblablement mieux
déroulée que la précédente, en avril 2009. Panetta avait alors sommé le Premier ministre fraîchement élu d'"oublier toute option militaire". Leur rencontre avait donné suite à une série de
réunions confidentielles. Résultat : le président américain Barack Obama avait fini par fixer une date limite aux négociations diplomatiques : fin 2009.
La semaine dernière, le Sénat américain a voté de nouvelles législations destinées à interdire les entreprises étrangères de conclure des contrats avec le secteur énergétique iranien. Dès le lendemain, l'administration Obama envoyait un message clair à Téhéran : plusieurs systèmes antimissiles ont été déployés au large des côtes iraniennes ainsi que dans quatre pays du Golfe persique.
Maintenant ou jamais
Lundi 1er février était sans doute un jour très significatif sur le front iranien. Même si personne n'a vraiment fait quoi que ce soit. La présidence tournante du Conseil de sécurité de l'ONU est passée de la Chine à la France. Paris parle régulièrement d'intensifier les sanctions contre l'Iran.
De source officielle israélienne, si des mesures sont votées contre Téhéran, elles fourniront une base juridique à une coalition internationale dite "de bonne volonté". Rien d'étonnant, alors, à ce que le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a annoncé, mardi 2 février, qu'il était finalement disposé à transférer une partie de son uranium à l'étranger. Mais, dès le lendemain, il envoyait un message contradictoire : une fusée expérimentale a été envoyée dans l'espace et une roquette Simorgh, capable de porter un satellite de 100 voire 500 kg, a été exposée. Le même jour, le vice-Premier ministre, Moshé Yaalon, appelait la communauté internationale à considérer une opération militaire.
Tous ces événements se sont déroulés en une seule semaine. Autre rendez-vous : jeudi 11 février sera célébré le 31e anniversaire de la Révolution islamique. Des manifestations de grande envergure contre le régime d'Ahmadinejad sont prévues toute la semaine. Puis Netanyahou est attendu en Russie, où il essaiera de convaincre le Kremlin de soutenir un raidissement des mesures économiques contre Téhéran. A Washington, la position d'Obama serait progressivement en train de changer. Plus encore, le président américain comprendrait désormais, comme Netanyahou, les liens entre les sujets palestinien et iranien.
En mai dernier, le Premier ministre annonçait que le blocage de la nucléarisation iranienne permettrait de vaincre les extrémistes, renforcer les modérés et relancer la paix. Obama, lui, imaginait l'inverse. Il voulait résoudre le conflit israélo-palestinien, avant de gérer la menace iranienne.
Maintenant, les deux hommes sont enfin d'accord. Et, grâce au moratoire de dix mois sur les constructions, décrété fin novembre,
Israël pourra souffler au moins jusqu'au
25 septembre prochain. Et ce 25 septembre pourrait même servir de nouvelle date butoir pour les sanctions économiques contre Téhéran. Avant de passer à l'option militaire.
Quoi qu'il arrive, Netanyahou aura beaucoup de choses à dire sur l'Iran lors de la prochaine conférence d'Herzliya.
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