Dans l’esprit populaire, les raccourcis de la pensée sont courants: la gauche est étiquetée comme étant synonyme de progrès, de
justice, d’esprit éclairé et de démocratie. La droite, au contraire, évoque les idées de conservatisme, d’injustice, d’esprit primaire, de dureté voire parfois d’esprit guerrier ou de
fascisme. L’Histoire et la réalité nous donnent une image bien plus nuancée, quand elle n’est pas aux antipodes des axiomes imposés par les faiseurs d’opinion depuis plusieurs
siècles.
Ainsi, en Suisse, après le vote clair sur le refus de voir fleurir des minarets dans le paysage, des intellectuels, des partis et des militants de gauche, se mobilisent aujourd’hui pour
initier un nouveau référendum dans le but d’annuler le dernier dont les résultats ne leur conviennent pas! Selon le quotidien britannique « The Independant », qui révèle cette
information, il s’agirait pour ces groupes de « redonner aux Musulmans suisses la confiance en leurs institutions, et redorer l’image de la Suisse dans le monde et particulièrement
dans pays musulmans ».
Il faut rappeler que d’après le système démocratique suisse, en dehors des échéances électorales régulières, tout groupe peut provoquer une « Initiative Populaire » pour faire
voter une loi, pour contrer une loi ou même une intention de loi de la part du législateur. Si les initiateurs arrivent à récolter au moins 50.000 ou 100.000 signatures de citoyens, suivant
les cas, un vote populaire est organisé dans les 18 mois qui suivent.
Un groupe d’une vingtaine d’intellectuels suisses, intitulé « Club Helvétique », a rédigé un programme d’action dans
le but de lutter contre le résultat du dernier scrutin par tous les moyens. « Un nouveau référendum serait pour nous le meilleur moyen de faire annuler le précédent », a déclaré
l’avocat Joerg Mueller, membre de ce groupe. A l’opposé, le petit parti chrétien SVP, qui avait soutenu l’interdiction des minarets, accuse le « Club Helvétique » d’être un groupe
« qui ne sait pas perdre ». Dans le même sens, de grandes manifestations de la gauche avaient eu lieu à Zurich, Bern et Bâle dans les jours qui avaient suivi la publication du
résultat du référendum, et deux recours ont été déposés auprès du Tribunal Fédéral pour « atteinte à la liberté de culte ».
Cette réaction de refus de la sanction démocratique provient également de la peur des réactions du monde musulman qui ne se sont pas fait attendre. Hormis l’Iran et la Turquie, la Libye de
Kadhafi s’est également joint au concert des condamnations. Le dictateur de Tripoli, qui détient déjà deux ressortissants Suisse en otage, menace maintenant les « Chrétiens de Lybie de
mesures de rétorsion », et a annoncé que « le vote des Suisse va favoriser le recrutement de volontaires chez Al-Qaïda »!!
Les complexes de l’Occident face à l’Islam, et les menaces de ce dernier, arriveront-ils à faire remettre en question des choix démocratiques des pays libres?











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