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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 11:37

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UNE TERRE ET DES HOMMES

ISRAEL – PAYS PIONNIER

DE JERUSALEM A SAFED-3

___________


La Terre d’Isra’el a été laissée à l’abandon jusqu’au retour des Juifs, à la faveur de l’époque moderne.

Courants religieux achkénazes, yéménites ou sépharades vont associer leurs aspirations communautaires avec les pionniers venant du monde ashkénaze et restaurer des villages, à partir de la seule mémoire et de la tradition, sans d’autre appui ponctuel que celui de philanthropes.

Ces terres ont été défrichées.

Chaque pierre de ces champs a été déplacée à la main.

Chaque parcelle a été rendue fertile par un labeur incessant et harassant.

Il est difficile de s’imaginer, aujourd’hui, la vie en quasi-autarcie, rude et ingrate, éreintante et magnifique, pour cette oeuvre laissée aux générations à venir.

* * * * *

La renaissance juive est, à partir du 18e siècle, intellectuelle et religieuse.

Sur les ruines des errements de Shabbtaï Tsvi, le monde juif s’est progressivement reconstruit autour de la langue hébraïque (avec les premières revues publiées dès le milieu du 18e siècle, avant de connaître un essor fulgurant au 19e) , jusqu’à l’accomplissement dû à l’oeuvre exemplaire et passionnée de Eliezer ben Yehuda.

Une renaissance autour de la mémoire, avec une progressive prise de conscience de l’historicité de la vie juive (entamée par l’école de la Science du judaïsme à partir de 1822), jusqu’à la restauration politique sioniste, dont l’Etat d’Israel est l’incarnation.

Restauration culturelle et politique qui ne s’est pas faite sans difficulté, que ce soit avec les illusions de l’assimilation, ce renoncement identitaire qui, de façon tragique, n’a épargné aucune famille d’ascendance juive (car, selon les nazis, la judéité représente un facteur racial et non culturel).

Le monstre hideux de l’antisémitisme a trouvé, et trouve encore aujourd’hui de nouveaux prétextes, et son incessante résurgence est un appel à l’humanité toute entière à ne pas verser dans la barabarie, le non-sens, l’arbitraire et la déchéance.

La vie en Israel, dans cette terre chargée d’espoir s’est jouée aussi la restauration symbolique de toutes les émancipations, et restauration affirmée contre les négationnismes et contre l’oubli.

Une terre abandonnée qui, grâce à la détermination de ces femmes et de ces hommes, a retrouvé sa luminosité et son calme verdoyant, une conquête de tous les instants contre les destructions et les haines.

Et aujourd’hui, Tisha beAv, c’est à cette restauration que ce parcours dans erets yisra’el, entre le 19e et le 20e, voudrait rendre hommage.

 

 

En quittant Jerusalem, chaque pas est celui de la scansion des paroles du Tanakh. Chaque pas est à lui seul un appel, une mémoire et un souvenir. La tombe de Rakhel, en 1900 :

La terre est vide d’hommes. Aucun village, aucun signe de vie. Nous voilà en 1897 près de Maale Adumim (מַעֲלֵה אֲדֻמִּים) :

 

 

 


 

En direction de la Mer morte et du Jourdain, il faut traverser des routes inhospitalières, des chemins désertiques et caillouteux qui serpentent dans les collines. Qui penserait que nous sommes en terre d’Israel  ?  La route vers Jéricho en 1869 est marquée par la solitude, l’abandon et la dureté :

Puis c’est l’arrivée à Ein Gedi. Nous sommes en 1895, ce n’est pas encore l’oasis de verdure et de luxuriance que l’on connaît aujourd’hui, mais une source d’où jaillit quelque végétation :


Shir haShririm 1 14

Cantique des Cantiques 1 14

Nous suivons la vallée du Jourdain, quand, tout à coup, nous croisons des bergers traversant le Jourdain avec leur bétail près de Degania du bétail – 1920 :


Degania (דְּגַנְיָה), un nom mythique, celui des communautés de pionniers, l’aventure de la liberté et de la dignité pour ces hommes et ces femmes qui n’avaient connu que persécution et ségrégation.

Ces premières maisons que nous voyons sont les premières véritables traces de vie depuis Jerusalem (photo 1912)


Les débuts, en 1909, ont été rudes, difficiles. Les maisons étaient en bois, soumises aux raids arabes (qui ont coûté la vie à Moshé Barsky en novembre 1913, d’une balle dans le dos).

On voit ici les premiers élevages, en1910 :

Nous rencontrons Yosef Baratz, un des premiers pionniers de Degania. Photo de 1909 :


Ce qui ne manque pas d’étonner le voyageur, ce sont ces étendues vides, ces régions entièrement abandonnée, qui entourent notamment Beit Alfa (בֵּית אַלְפָא) – Photo 1925: 


Une réalité similaire autour de Ramat Babel – Photo 1927 – où le retour à la Terre est vécu par ces pionniers comme une renaissance. Le prix de l’indépendance était ce labeur constant pour rendre cette terre accueillante et fertile:


Car, à force d’entendre ce refrain pénible que les pionniers n’ont fait qu’envahir et détruire une terre et ses habitants arabes, il ne semblait faire de doute qu’il devait y avoir des villes prospères et chaleureuses. Quelle découverte que ce village arabe de Zarin dans la vallée du Jezreel en 1900 : misère et dénuement, sous le règne du califat ottoman, près de 67 ans avant que l’on ne parle d’occupation israélienne !


A Tzemah, une seule famille juive était autorisée à vivre. Ce sont des Juifs de Damas. Situation récurrente  et caractéristique du statut de dhimmi, un « protégé » temporaire, contre la vindicte populaire, réduit en réalité à un statut de seconde zone, dont la précarité et la pauvreté n’étaient pas des gages suffisamment pour vivre en paix. Photo de 1910.

 

Tzemah, en bordure de Kinneret en 1912 :

Nous passons à proximité d’un campement bédouin, près de Kfar Nahum en 1900 :


La volonté de restauration d’une vie autonome, digne et libre, animant les pionniers, malgré leur pauvreté et l’insécurité, est un véritable contraste. En 1890, ce sont des russes, qui arrivent à Kfar Nahum :


Un peu plus loin, c’est un autre hameau arabe, du nom de Dabariya près de Kfar Tabor en 1910. Est-ce là la grande civilisation que le sionisme aurait détruit ?


Des siècles de soumission et d’apathie avaient réduit la terre d’Israel à un désert que les voyageurs-écrivains comme Mark Twain relevaient avec stupéfaction l’oubli dans laquelle elle semblait confinée.

Mais la renaissance se poursuivait, ici à Rosh Pina (ראש פנה) en 1913 :


Nous visitons alors l’atelier de production de soie à Rosh Pina (en 1913) :

Une aventure similaire vécue à Ayelet Hashahar (אילת השחר), ici en 1920 :

Ein Harod (עֵין חֲרוֹד) : tentes des pionniers, loin de la mythologie qui voit dans tout Juif israélien un voleur de terre et de maisons arabes. D’ailleurs, où sont-elles  ? Où sont ces villes et ces centaines de milliers d’habitants revendiqués ?

En 1925, l’immense violoniste Jasha Heifez se rend à Ein Harod pour un concert. Tous les habitants des environs se retrouvent dans le village :

Puis nous nous rendons à Kfar Giladi (כְּפַר גִּלְעָדִי) – Photo 1916 :

Ensuite, nous allons à la rencontre du village de Merhavya (מרחביה), en 1913 :

Nous voici à Kfar Tabor -כְּפַר תַּבוֹר- (photos 1910 et 1913) :


Le retour à la terre n’est pas qu’un retour en Israel, c’est aussi un travail de la terre elle-même (photo 1912) 

…qui contraste avec cet établissement arabe près du Houla, marqué par l’abandon, nous sommes en 1925 :

Autre mythe, autre réalité. La terre d’Israel n’est pas qu’une terre d’immigration juive, c’est aussi, avec le retour des sionistes, une terre qui attire, à la faveur de la prospérité nouvelle, des migrants musulmans de tous l’empire ottoman. Ici, ce sont des tcherkesses venus du Caucase (photo 1900) :


Etablis en Galilée, ils posent en costume traditionnel (phot 1900) :


Et vivent à proximité des pionniers-bâtisseurs juifs (photo 1912) :


La Galilée et ceux qui la rendent fertile (photo 1913) :


Voici Afula (עֲפוּלָה), en 1917 :


La restauration d’une vie en erets yisra’el impose aussi de rudes travaux de terrassement afin de construire des routes,  inexistantes jusqu’alors, comme ici à Afula, en 1925 :


Enfin, la vie en erets yisra’el reste indissociablement liée à sa vie spirituelle et religieuse.

Safed (צְפַת), dont nous découvrons le quartier sépharade, en 1895 :


En 1900, vue de Safed :


En 1913 :


 

 

Pèlerins devant l’ancienne synagogue de Meron (מֵירוֹן‎). Photo 1880

La tombe de rabbi Eliezer en 1912 :

La tombe de rabbi bar Yohaï, toujours à Meron (photo de 1912)

Jeunes étudiants dans une yeshiva de Meron en 1905 :

Il ne nous restera plus qu’à traverser la Galilée afin de clôre notre voyage et rejoindre la plaine de Sharon…

Par Aschkel - Publié dans : PAYS D'ISRAEL, Proche-Orient, démocratie, sionisme - Communauté : L'Equipe J.A.G - TOP NEWS -
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